C’est la saison des commentaires gratuits et faciles!

 

Par: Martin Smith

31.10.2016

 

 

Dans le temps où l’Impact jouait en deuxième division nord-américaine, on ne voyait jamais les chroniqueurs des grands quotidiens montréalais sur la galerie de presse sauf lors des trois fins de saison où le club s’est rendu en grande finale et a remporté des titres qui sont encore des moments mémorables de son histoire.

 C’est donc dire que les séries éliminatoires ouvrent grande la porte aux commentaires sans grand fondement, sans connaissance approfondie du jeu, sans lien avec ce qui se passe dans les vestiaires, bref pleins de vent, de clichés…

 

Salle de presse Centre Robillard: Crédit photo: 11x90.com

 

 Alors, après avoir couvert le soccer régulièrement à Montréal, au Canada et aux États-Unis, aussi bien que de façon épisodique en France, en Angleterre, en Allemagne, ainsi qu’en Norvège et en Suède au cours des trois dernières décennies, j’ai décidé unilatéralement que j’avais le droit de me payer une petite chronique de commentaires gratuits et faciles… depuis le confort de mon salon!

Mauro, un vrai bon coach!

 

 À tout seigneur, tout honneur, commençons donc par le coach de l’Impact.

Pour vous dire à quel point je suis vieux, j’ai connu Mauro alors qu’il a enregistré ses premières minutes de jeu chez les professionnels en 1992, après avoir été repêché par le FC Supra (… l’ancêtre de l’Impact).

 Je vous l’avoue bien franchement, j’ai toujours eu l’impression que Mauro Biello a été adjoint des trois premiers entraîneurs en chef de l’Impact en MLS - après avoir été celui de Marc Dos Santos et de Nick De Santis lors des deux dernières années en seconde division -, parce qu’il avait été une vedette de l’équipe – oui –, mais aussi et beaucoup parce qu’il était l’ami et le beau-frère de De Santis et parce qu’il était un allié loyal et fidèle du propriétaire Joey Saputo.

 

 Avec son visage d’adolescent, sa gentillesse et sa stature qu’on ne confondra jamais avec celle du «Volcan suisse», Mauro cachait bien son jeu et apprenait ses leçons de brillante façon. Son leadership pour redresser la barque du Bleu-Blanc-Noir à la fin de la saison 2015 et sa droiture dans la saga de «Drogba la prima donna» dernièrement lui ont, sans aucun doute, valu l’estime de tous ses autres vétérans.

    Frais, dispos et reconnaissants, ses «vieux» milieux de terrain Marco Donadel, Patrice Bernier et Hernan Bernardello ont fait la différence contre le DC United en match de barrage, puis lors du match aller de la série demi-finale de l’Association de l’Est.

 

Les joueurs désignés

 Quelle aubaine, quelle fraîcheur et quels retours rapides sur investissement représente Matteo Mancosu! Son «but de classe mondiale» a fait la différence contre les Red Bulls et a créé la marge de manœuvre dont l’Impact avait besoin en vue de la demi-finale retour au Red Bull Arena, dimanche prochain.

 Dans la MLS, bien des joueurs désignés ont des allures de mercenaires venus collecter quelques gros chèques de paie avant de prendre leur retraite définitive. À mon avis, c’est le cas de Frank Lampard, avec le NYCFC, et de Steven Gerrard, avec le Galaxy. Quant à David Villa, il vaut son pesant d’or (23 buts en 33 matchs en 2016; 18 en 30, la saison précédente) mais ses sautes d’humeur de vedette auraient pu coûter encore plus cher à son club qui se retrouve à devoir combler un déficit de deux buts lors de la demi-finale retour au Yankee Stadium, dimanche prochain.

 Sebastian Giovinco, aussi efficace et dangereux soit-il en règle générale, a souvent tendance à vouloir tout faire tout seul. Son coéquipier Michael Bradley fait le travail de trois joueurs à lui tout seul et me paraît être le joueur le plus dominant à son poste dans toute la MLS.

 

 

 

La fameuse «culture soccer»…

   Lorsque l’Impact s’était, contre toute attente, retrouvé en avance par deux buts dans son quart de finale de la Ligue des Champions de la CONCACAF face au Santos Laguna et avait néanmoins plié bagages en perdant le match retour par la marque de 5-2 au stade Corona de Torréon, début mars 2009, l’entraîneur en chef John Limniatis avait blâmé le manque de culture soccer de certains de ses joueurs.

 En clair, il faut parfois faire des sacrifices énormes en fin de rencontre pour égrener les secondes et payer de sa personne afin de protéger un résultat positif plutôt que de simplement prendre un tir, redonner possession du ballon à l’adversaire et lui procurer ainsi une occasion de changer complètement la donne.

 Dimanche soir en fin de rencontre au stade Saputo, Harry Shipp, entré à la 91e minute en remplacement de Patrice Bernier, a montré son manque de culture soccer en prenant un tir ridicule, redonnant ainsi possession aux Red Bulls qui ont rapidement mis en scène une contre-attaque menaçante.

 La performance de Shipp fut à l’image de celle d’Omer Damari, lancé dans la mêlée à la 82e minute par Jesse Marsch pour remplacer Alex Muyl, et qui a mis dix petites minutes pour écoper un carton rouge complètement stupide. Ce faisant, Damarai a réduit les options offertes à son coach lors du match retour.

 

Arbitre et blanchissages à domicile

 Le commentaire le plus gratuit arrive maintenant.

 Comme fan de l’Impact, je suis très heureux que l’arbitre désigné pour la demi-finale aller au stade Saputo n’ait pas été Silviu Petrescu. Cet arbitre canadien semble toujours vouloir prouver qu’il n’a pas de parti pris pour les clubs canadiens et ne leur laisse rien passer dans les matchs qu’il officie. Tout en se montrant permissif avec les clubs américains. Espérons qu’on ne verra pas Petrescu au Red Bull Arena, dimanche prochain…

 Finalement, pour vous laisser sur un commentaire «songé», il est intéressant de noter qu’en cette première véritable ronde des séries éliminatoires de la MLS, tous les clubs jouant à domicile ont gagné et ont signé des victoires par blanchissage.

 Jusqu’à présent et en incluant les matchs de barrage, le seul club qui a réussi à gagner dans un stade hostile a été l’Impact.

 

   Que la force soit avec le Bleu-Blanc-Noir! Et avec Mauro, Marco, Patrice, Hernan, Evan, Hassoun, Laurent, Victor, Ambroise, Dominic, Nacho et Mancosuuuuuuuuuuuuu….

 

 

Qui gagnera le pari? Biello ou Olsen?

 

Par: Martin Smith

24.10.2016

 

 Mauro Biello a emprunté une page du livre de Marc Dos Santos en envoyant une formation «B» affronter la Revolution de la Nouvelle-Angleterre, dimanche après-midi, avec comme résultat une défaite prévisible de 3-0 au stade Gillette lors du dernier match régulier de la saison 2016.

 

   Les fans loyaux du Bleu-Blanc-Noir se rappelleront d’un épisode survenu le jeudi 18 juin 2009 alors que l’entraîneur en chef de l’Impact, alors en première division des USL, avait décidé d’envoyer une formation de second plan pour affronter le FC Toronto lors du dernier match du championnat canadien Nutrilait.

    À ce moment-là, les Whitecaps de Vancouver étaient, à toutes fins utiles, assurés de représenter le Canada lors de la saison suivante de la Ligue des champions de la CONCACAF. Pour empêcher ce scénario de se produire, le FC Toronto devait signer une victoire par une marge de quatre buts face à un Impact déjà éliminé.

 Faisant preuve d’un esprit très pragmatique mais éventuellement jugé dénué de «fair play» par les fans de Vancouver, Marc Dos Santos a désigné une formation très majoritairement composée de réservistes pour affronter les Torontois qui, guidés par un tour du chapeau de leur as Dwayne De Rosario, ont signé une victoire à sens unique de 6-1 au stade Saputo.

 Au cours des jours et des semaines qui ont suivi, Dos Santos a été abreuvé d’injures par des fans et des intervenants du monde du soccer canadien, mais est toujours demeuré convaincu d’avoir pris la bonne décision alors que l’Impact avait deux matchs de saison régulière à disputer au cours des cinq jours suivants.

Le pari de Dos Santos a rapporté des dividendes à court terme puisque ses vétérans, bien reposés, ont gagné ces deux matchs et des dividendes à long terme puisqu’en bout de ligne, l’Impact a conquis le troisième titre de champion de son histoire en remportant la série finale des éliminatoires par 6 buts contre 3 face aux… Whitecaps de Vancouver.

 

 

Drôle de coïncidence, Mauro Biello a annoncé sa retraite un mois après cette conquête et se retrouve, sept ans plus tard, derrière le banc du club à devoir prendre une décision aussi pragmatique.

Bien sûr que c’était frustrant pour les partisans montréalais de voir la Revolution inverser les rôles et  se comporter comme un club qualifié pour les séries alors que l’Impact avait des allures d’un club dont les joueurs – à quelques exceptions près, dont le jeune David Choinière – donnaient l’impression d’avoir hâte de partir en vacances.

Cependant, il faut comprendre que le calendrier très serré des séries éliminatoires de la MLS a bel et bien forcé les mains tant de Mauro Biello que de son homologue de la première ronde, Ben Olsen, entraîneur en chef du DC United qui a remplacé 10 des 11 joueurs de sa formation habituelle pour le dernier match régulier à Orlando où les Lions les ont vaincus par la marque de 4-2.

    Donc, ayant fait le même pari et ayant vécu le même scénario en match ultime de saison régulière, Impact et DC United s’affrontent dès jeudi soir au stade RFK, avec un repos d’un peu moins de 100 heures. Puis, le club victorieux n’aura pas le temps de se reposer sur ses lauriers, étant donné que le premier match de la série aller-retour des demi-finales de l’Association de l’Est est prévu pour dimanche après-midi, soit avec à peine 50 heures de répit.

   Trois matchs – dont deux cruciaux - en moins de sept jours à ce stade de la saison, ça ne s’aborde pas sans une planification bien songée. Il est clair que ce calendrier procure tout un avantage aux clubs qui ont terminé aux deux premiers rangs de chacune des associations, mais c’est de bonne guerre.

   Mauro Biello et Ben Olsen ont fait le même pari de reposer leurs vétérans, quitte à ne pas se préoccuper de jouer à l’étranger un match possiblement sans lendemain dans le cas de l’entraîneur montréalais et quitte à possiblement perdre l’avantage de le jouer à domicile dans le cas de l’entraîneur du DC United.

   Un des deux aura gagné son pari, jeudi en fin de soirée.

 

Souhaitons à Mauro que les dieux du soccer sourient sur le club montréalais, comme ils l’ont fait en 2009!

 

 

 

Il y a bel et bien un bon Dieu…

                         … pour les innocents!

Par: Martin Smith

02.10.2016

 

 L’Impact vient d’en faire la preuve lors de deux matchs consécutifs. Faut le faire!

 

    D’abord en jouant contre le feu face à San Jose, particulièrement lorsqu’une crampe au cerveau a frappé le général Laurent Ciman en fin de match et que son accrochage complètement ridicule du bras de Shea Salinas dans la surface de réparation a valu un penalty aux Quakes à la 86e minute. L’avance de 2-1 du Bleu-Blanc-Noir allait se transformer en pointage nul de 2-2 à moins que…

 

    Hé oui, à moins que Bush plonge du bon côté et dévie du bras le tir de pénalité de Chris Wondolowski.  Les innocents l’ont échappé belle! Ils ont même ajouté un but en toute fin de rencontre pour s’en tirer avec une victoire de 3-1 dont l’écart des buts illustre bien mal le déroulement de la rencontre.

    Revoilà donc nos favoris de l’Impact transportés en sol floridien pour un match sous une température torride (35C) et un enjeu encore plus chaud, celui de signer une victoire qui permettrait au club montréalais de se retrouver à un seul point d’une qualification officielle pour les séries éliminatoires, tout en se vengeant des deux revers encaissés face à Kaka et aux Lions d’Orlando, plus tôt cette saison.

    Hé bien, Mauro Biello et ses joueurs peuvent dire merci à ce bon Dieu qui leur sourit comme à des innocents, car leur victoire de 1-0 en ce dimanche après-midi étouffant les a fait monter au 4e rang du classement de l’Est, tout en éliminant Orlando City qui a pris des allures de bête noire pour les Montréalais, cette saison.

 

Ce dénouement tient du miracle.

 Les Montréalais ont été complètement dominés. Les statistiques ne mentent pas. Kaka et ses coéquipiers ont tiré à 22 reprises en direction du filet d’Evan Bush alors que l’Impact a répliqué à quatre – oui, oui, quatre! – reprises. Mais, Dominic Oduro, si souvent erratique, était béni des dieux et a complété son échappée avec un tir songé de l’extérieur du pied droit pour déjouer Joe Bendik. Un deuxième but en deux matchs pour «Flash», dont la réussite précédente remontait au 7 mai, soit une disette de plus de 4 mois et demi!

    Deux autres statistiques éloquentes. Les corners: 12 pour les Lions, un seul pour l’Impact. Temps de possession du ballon: 67% pour Orlando, 33% pour l’Impact.

 

Oduro-© Marc-Andre Donato 2016

    De plus, littéralement assiégé dans sa zone pendant les dix dernières minutes de la rencontre, l’Impact a concédé trois coups francs tout juste à l’extérieur de la boîte. Le mur a tenu bon et le verdict victorieux, aussi.

 Nos favoris l’ont vraiment échappé belle. Surtout que la brigade défensive a paru vulnérable, particulièrement en première demie, en l’absence de Hassoun Camara, suspendu à la suite d’un geste commis lors du match précédent, contre un joueur des Earthquakes.

    Le manque d’opportunisme des attaquants des Lions a aidé énormément l’Impact qui se serait fait trucider s’il avait fallu qu’un Bradley Wright-Phillips, un David Villa ou un Dom Dwyer  se soit retrouvé à la réception des innombrables centres ayant atterri dans la surface montréalaise.

    Il a aussi fallu que Evan Bush se signale, particulièrement sur un tir à bout portant de Cyle Larin, à la 62e minute. Et dire que Didier Drogba «la Légende» a passé tout le match sur le banc des remplaçants, une serviette sur la tête pour se protéger du soleil…

    L’Impact joue ses deux derniers matchs de saison régulière au stade Saputo contre le FC Toronto, le samedi 16 octobre, puis en visite au stade Gillette, une semaine plus tard, pour y affronter la Revolution de la Nouvelle-Angleterre, en clôture de rideau.

    Les deux semaines de pause – pour cause de matchs internationaux à l’affiche – procureront un répit souhaité et souhaitable aux «vieilles jambes» de l’Impact. Vous ne le saviez peut-être pas mais, en début de saison, l’Impact présentait l’effectif ayant la troisième plus haute moyenne d’âge (28,29 ans) de toute la MLS. Cette moyenne est peut-être maintenant la plus haute du circuit avec les ajouts de Hernan Bernardello (30 ans) et de Matteo Mancosu (bientôt 32 ans), en cours de route.

 

 Ouf, on respire encore mieux qu’en milieu de semaine…

 

«Ouf, on respire mieux!»

Par: Martin Smith

30.09.2016

 

On ne peut se cacher que l’Impact marchait sur une corde très raide avant le match de mercredi soir contre les Earthquakes de San Jose et que le sol aurait pu s’ouvrir sous les pieds des joueurs et entraîneurs du Bleu-Blanc-Noir en cas de défaite face à Wondo et ses coéquipiers.

 

Heureusement, comme on disait dans le temps, «il y a un bon Dieu pour les innocents» et il est intervenu juste à temps pour sauver les meubles montréalais.

 Tout allait donc bien au stade Saputo en ce mercredi soir frisquet et nos favoris étaient en plein contrôle en s’étant forgés une avance de 2-0 au cours de la première demi-heure de jeu. Une avance qui a tenu pendant une autre demi-heure jusqu’à ce qu’un ballon se prenant pour une bille dans un jeu de pinball aboutisse directement sur le pied du 4e meilleur marqueur de tous les temps en MLS, le dangereux Chris Wondolowski.

 Enfilant l’aiguille avec beaucoup de dextérité, «Wondo» a réduit l’écart à un seul but à la 62e minute. On a alors senti la nervosité gagner les rangs montréalais jusqu’à ce que Général Ciman se paie une crampe du cerveau et accroche Shea Salinas par le bras alors que l’attaquant des Quakes n’était plus un danger, étant rendu près d’un coin de la surface de réparation et tout près de la ligne de fond.

 C’est alors que le bon Dieu est apparu et a guidé Evan Bush dans son plongeon vers la droite et dans l’extension de son bras qui a bloqué le tir de pénalité de «Wondo».

 

Evan Bush

 On a pu mesurer à quel point Laurent Ciman était éminemment conscient de sa gaffe et soulagé que son gardien lui ait enlevé ce fardeau des épaules en le voyant revenir à la course et sauter dans les bras de Bush dès le sifflet final entendu.

 Un verdict nul dans de telles circonstances aurait été catastrophique pour l’Impact qui aurait eu les jambes sciées et se serait retrouvé en 6e et dernière position donnant accès aux séries avec seulement 3 points d’avance sur la Revolution et 4 sur son prochain adversaire, l’Orlando City SC.

 Joueurs et entraîneurs de l’Impact auraient eu les yeux fixés dans le rétroviseur et auraient senti la soupe très chaude avec seulement trois matchs à jouer en saison régulière. On n’a pas vu cette statistique mentionnée dans les médias mais en cas de nulle ou de défaite face aux Quakes, l’Impact se serait trouvé pris dans une séquence de 5 petites victoires à ses 25 derniers matchs!  Vous me direz que 6 victoires en 25 matchs, ce n’est pas beaucoup mieux mais je vous répondrai qu’à ce stade de la saison, cette 10e victoire pèse plus lourd que n’importe quelle des 9 premières.

 Cette saison, bizarre à l’extrême, commençait à ressembler de plus en plus à la saison 2013 alors que l’entraîneur Marco Schallibaum avait guidé le club à une fiche de 10-4-4 en date du 19 juin avant un grand effondrement de deuxième moitié de saison où l’Impact n’avait pu faire mieux que de signer 4 victoires contre 9 revers et 3 nulles. Le Bleu-Blanc-Noir s’était qualifié de justesse pour les séries devant le Fire de Chicago, uniquement grâce à un meilleur différentiel entre les buts marqués et encaissés.

 

 

 Heureusement, les trois points récoltés dans la victoire de mercredi soir contre San Jose changent complètement la donne. On en est rendu à étudier les scénarios qui permettraient à l’Impact de se qualifier pour les séries éliminatoires… dès ce weekend!

 Trois conditions sont nécessaires pour que ce dénouement survienne cette fin de semaine :

- La Revolution doit perdre ou annuler face au Sporting de Kansas City, samedi;

- Le Crew de Columbus doit perdre ou annuler face au Fire de Chicago, samedi;

- L’Impact doit gagner contre Kaka et ses Lions à Orlando, dimanche après-midi.

Alors, voilà, alea jacta est, comme disaient les Romains. Le sort en est jeté…

Et ce sort repose d’abord et avant tout entre les pieds des joueurs de champ de l’Impact et entre les mains habiles du gardien Evan Bush. Une chose est sûre, c’est que les joueurs montréalais seront gonflés à bloc. Non seulement par l’enjeu élevé de ce duel, mais aussi et surtout pour venger les deux revers subis aux mains des Lions, cette saison. Particulièrement la gifle de 4-1 encaissée au stade Saputo, le 7 septembre.

 

Le bon Dieu sera-t-il encore du bord des innocents, samedi? On va allumer un lampion pour que ça se produise…

Le miracle de Toronto

Par: Martin Smith

29.08.2016

 

Je ne sais pas pour vous mais moi, personnellement, je considère la victoire de 1-0 de l’Impact contre le FC Toronto, ce samedi 27 août, comme rien de moins qu’un miracle!

 

Nacho Piatti - Crédit photo MLS Soccer

 

 J’avais vaguement l’impression que l’Impact s’en allait à l’abattoir pour sa première et seule visite de la saison 2016 au BMO Field, stade où – faut-il le répéter? - le Bleu-Blanc-Noir  n’est jamais parvenu à signer une seule victoire au cours de son histoire.

 La tenue récente respective des deux clubs assombrissait davantage les perspectives du club montréalais. Le FC Toronto était engagé dans une séquence très productive de 6 victoires et une nulle à ses sept derniers matchs alors que l’Impact avait dû se contenter de 2 victoires, 3 défaites et 2 nulles pendant cette même période.

 Ajoutez au portrait le fait que les Reds, détenteurs du 1er rang du classement et revendiquant la meilleure défense de l’Association de l’Est, avaient fait un véritable pied de nez à l’Impact en venant les battre 2-0 au stade Saputo, le 23 avril, et vous vous trouvez alors devant suffisamment d’ingrédients pour avoir été logiquement incapables de manifester un très grand optimisme à l’aube de ce nouveau duel de la 401!

 Et puis, voilà que Calum Mallace récolte un carton rouge (plutôt questionnable à mon avis…) dès la 43e minute pour obliger Mauro Biello et ses joueurs à jouer en désavantage d’un homme pendant tout le reste du match. Puis, au tour de Drogba de devoir quitter sur blessure à la 55e minute…

 Décidément, non seulement n’y avait-il rien pour se réjouir avant même que les joueurs entrent sur le terrain, mais encore a-t-il fallu que l’adversité en rajoute une couche une fois le match bien entamé!

 Autre opinion personnelle, la sortie de Drogba ne m’a pas tellement dérangé. Je trouve que Nacho Piatti est plutôt effacé quand «La Légende» est sur le terrain. Lors du match contre DC United, mercredi soir au stade Saputo, j’ai trouvé que Drogba en menait trop large. À deux reprises au moins, Piatti s’installait pour tirer un coup franc quand le beau Didier s’interposait pour tirer plutôt que de s’installer dans la boîte et offrir une option de reprise de la tête. Parfois, Didier, «il fait suer»…

 Toujours est-il que l’improbable s’est produit, que ce cher Dominic Oduro a réussi une passe savante de l’extérieur du pied et que Piatti s’est envolé pour tirer à la volée du pied gauche un ballon dont la trajectoire parfaitement croisée a mystifié le gardien torontois.

 

 Quel plaisir il nous a procuré, ce Nacho!

 Après le sifflet final, Mauro Biello a qualifié le dénouement de «victoire fantastique». Dans le camp torontois, l’entraîneur en chef Greg Vanney a utilisé le qualificatif «embarrassante» pour définir la défaite.

 En ce merveilleux samedi pour les fans montréalais, l’Impact a fait sienne la devise latine «Carpe diem» en allant cueillir trois points dans l’enceinte qui lui est la plus hostile dans toute la MLS. Ce 1-0 «miraculeux» pourrait s’avérer être un point tournant dans la saison alors qu’il reste huit matchs à jouer à l’Impact et que les clubs avec lesquels le Bleu-Blanc-Noir bataille de la façon la plus serrée pour une place dans les séries éliminatoires – à savoir les Red Bulls, l’Union, le DC United et Orlando - ont tous gagné en fin de semaine.

 Les joueurs de l’Impact bénéficient maintenant d’une longue période pour soigner leurs petits bobos puisque leur prochain match aura lieu le 7 septembre. Ils accueilleront alors Kaka et le Orlando City SC au stade Saputo. Espérons que les effets de la victoire miraculeuse du 27 août se feront toujours sentir et que nos favoris sauront creuser encore davantage l’écart qui les sépare des Lions de la Floride dans le dernier droit vers les séries éliminatoires!

 

Carpe diem ne rime pas avec Impact!

Par: Martin Smith

21.08.2016

 

Les vacances, mais aussi un manque d’inspiration face aux résultats de l’Impact, expliquent l’intervalle de près d’un mois et demi qui s’est écoulé depuis ma dernière chronique.

 

Depuis le 10 juillet, le Bleu Blanc Noir a conservé une fiche de 2 victoires, 2 nulles et 3 revers. Juste suffisant pour garder sa position au-dessus de la ligne rouge qui sépare les clubs en voie de se qualifier pour les séries éliminatoires et ceux qui n’y participeront pas.

 L’espoir est encore là d’une deuxième qualification d’affilée et d’une troisième au cours des cinq ans d’existence de l’Impact, mais il n’y a rien d’exaltant dans le parcours et dans les performances du club montréalais depuis le début de la saison 2016 et, plus particulièrement, depuis deux mois.

 Il y a bien eu quelques flash individuels comme le but de Mancosu qui a valu les trois points de la récente victoire contre le Dynamo de Houston, le 6 août, et comme le but de Bernardello qui a valu une nulle contre le DC United alors que l’Impact jouait à 10 contre 11, lors du match précédent.

 Cependant, en général, ça manque de feu, ça manque de passion, on ne trouve pas cette étincelle qui rend brûlant le lien entre un club et ses partisans.

 L’occasion était rêvée de produire une telle étincelle avec la venue du Fire de Chicago au stade Saputo. L’occupant du dernier rang du classement de l’association de l’Est avait perdu ses neuf derniers matchs sur la route et était enlisé dans une séquence de 35 matchs sans victoire à l’étranger. Sa dernière récolte de trois points dans un stade ennemi remontait au 12 juillet 2014!

 Pour l’Impact, le moment était particulièrement bien choisi pour creuser davantage l’écart le séparant de la fameuse ligne rouge du classement officiel de la MLS.

  En plein le genre de rendez-vous qui colle parfaitement à l’expression latine «Carpe Diem» qui signifie littéralement «Cueille le jour» et que l’encyclopédie Larousse explique en ces termes : «Mots d'Horace rappelant que la vie est courte, et qu'il faut se hâter d'en profiter.»

 

Crédit photo : Tweeter Christine Sinclair @sincy12

 Dans le cadre du tournoi de soccer olympique de Rio, Christine Sinclair a véritablement «cueilli le jour» en marquant le but décisif dans le match pour la médaille de bronze, son 165e but à sa 250e présence en match international sous les couleurs du Canada.

 Et que dire de Neymar jr? Inscrire le tir au but décisif - chez lui dans le stade Maracana rempli à craquer! - pour permettre au Brésil de mettre la main sur le titre de champion olympique, seul trophée manquant à la longue liste des conquêtes du pays du soccer.

 Carpe Diem pour Sinclair et Neymar,  mais chou blanc pour l’Impact…

On pourrait reprendre la définition du Larousse et l’appliquer à l’Impact en disant que la saison est courte et qu’il ne faut pas rater les occasions d’en profiter…

 

 Or, c’est tout le contraire qui s’est produit face au Fire. Un premier but, celui de Luis Solignac marqué sur une contre-attaque foudroyante à la suite d’un corner montréalais très mal ajusté, puis les vannes qui s’ouvrent pour produire ce résultat démoralisant de 3-0 contre la pire équipe de la MLS.

 Tout n’est pas perdu. Il reste 10 matchs pour consolider les acquis et trouver la formule qui créera une véritable chimie au sein du groupe montréalais.

 Espérons que l’Impact saura faire sienne l’expression latine «Carpe Diem» en commençant dès ce mercredi lors de la visite du DC United, un club tout juste sous la fameuse ligne rouge face auquel les joueurs montréalais ont tout intérêt à creuser un écart encore plus grand que les six points actuels.

 

Momentum, momentum… où es-tu passé?

Par: Martin Smith

10.07.2016

 

Décidément, l’Impact se complaît dans les nulles et ne parvient pas à créer un momentum qui lui permettrait de se créer un coussin de sécurité alors que le Bleu Blanc Noir aborde la seconde moitié de sa saison.

 Rien n’est encore joué. L’Impact est posté au 3e rang, à cinq points du surprenant NYCFC mais avec deux matches en main.

 

Crédit photo: IMFC/Marc-André DonatoCrédit photo: IMFC/Marc-André Donato2Crédit photo: IMFC/Marc-André Donato3Crédit photo: IMFC/Marc-André Donato4Crédit photo: IMFC/Marc-André Donato5<>1 - 5x

 

 En comblant un déficit de deux buts pour signer une victoire de 3-2 contre la Nouvelle-Angleterre au stade Saputo, le 2 juillet, les joueurs montréalais semblaient avoir trouvé cette fougue, ce désir de vaincre dont l’absence leur a valu de laisser trop de points sur le terrain depuis le début de la saison.

 Mais ce samedi au stade Rio Tinto de Salt Lake City, un tacle tardif et mal calculé de Calum Mallace, avec à peine plus de dix minutes à jouer, a donné au Real un tir de penalty qui a mené éventuellement au 7e verdict nul en 17 matchs pour l’Impact.

 Évidemment, comme l’a reconnu Hassoun Camara après la rencontre: «Si on nous avait dit avant d’embarquer sur le terrain qu’on partirait d’ici avec un point, on aurait été content. Mais, dans les circonstances, nous sommes un peu déçus et un peu tristes de ne pas avoir signé la victoire.»

 Il faut rendre à César ce qui appartient à César. En effet, le Real n’a pas encore été vaincu en huit matchs à domicile, cette saison, et a appliqué une pression si soutenue qu’à un moment donné en seconde demie, le club local dominait la possession de ballon dans un pourcentage de 80%-20% !

 N’empêche que les clubs qui se démarquent parviennent toujours à façonner des séquences victorieuses impressionnantes.

 En ce moment par exemple dans la MLS, trois clubs revendiquent déjà une récolte de 30 points de classement.

 Le New York City FC (30 points en 19 matchs) vient de coller quatre victoires. Le FC Dallas (37 points en 20 matchs) a récolté six victoires et deux nulles à ses neuf derniers matchs. Quant aux Rapids du Colorado (34 points en 18 matchs), après un début de saison ordinaire, ils vivent actuellement une séquence de treize matchs de suite sans défaite.

 C’est bien connu, la confiance vient avec les résultats. Comme dans le cas de l’œuf et de la poule, on ne sait pas trop lequel vient en premier mais, une chose est sûre, l’un a besoin de l’autre…

 

Vers une saison de nulles?

Par: Martin Smith

27.06.2016

 

Qu’on les concède, qu’on les encaisse ou qu’on s’en contente, n’en reste pas moins que les verdicts nuls font partie du paysage du soccer, probablement plus que de n’importe quel autre sport.

 

Comme les buts ne courent pas les rues au soccer et qu’il y a 11 joueurs entre une action entamée par le coup de pied de but d’un gardien et le fond du filet adverse, les probabilités d’une impasse au niveau du score sont assez élevées.

   Au terme de la saison 2015 en MLS, les clubs de l’Association de l’Est avaient signé des verdicts nuls dans près de 20% de leurs affrontements. Trois clubs – Columbus, Nouvelle-Angleterre et Orlando - se sont distingués en récoltant chacun 8 nulles à leurs 34 matchs réguliers.

   Mais on est bien loin de la campagne la plus prolifique (39,5%) en termes d’impasse au score. Lors de la saison 2011 en MLS, quatre clubs avaient enregistré 15 ou 16 nulles dans une calendrier de 34 matchs réguliers. Et ils n’étaient pas seuls puisqu’au total, 11 clubs avaient fini la saison avec 12 nulles ou plus!

    La palme à ce sujet dans le circuit Garber appartient au Fire de Chicago dont la moitié des 36 matchs de la saison 2014 se sont soldés par des verdicts nuls.

   Il ne faut pas croire que la MLS est dans une classe à part au chapitre des nulles. En Premier League d’Angleterre, la saison 2012-2013 a pris fin avec 13 clubs revendiquant 10 nulles et plus.

    Ce long préambule se veut une mise en contexte à la saison actuelle en MLS où les six nulles de l’Impact ne constituent pas une exception mais plutôt la règle.

 

 Crédit Photo: IMFC\ Marc-André-Donato

    En effet, alors que certains clubs viennent de passer l’étape de la mi-saison et alors que la majorité des clubs y sont ou s’en approchent, huit équipes de l’Est et cinq de l’Ouest ont déjà enregistré cinq nulles ou plus. Le Galaxy et Orlando City mènent la charge avec huit verdicts nuls au compteur.

 

Verre à moitié vide ou à moitié plein?

    Au terme de la saison 2011, les fans du Fire ont pu voir le verre à moitié vide en traduisant les 18 nulles par une récolte de 18 plutôt que de 54 points, ce qui se serait produit si toutes les nulles avaient été transformées en victoires. D’autres ont pu voir le verre à moitié plein car une récolte de 18 points est préférable au zéro qui aurait été compilé avec 18 nulles transformées en autant de défaites.

    Le club de Chicago n’avait pas participé aux séries éliminatoires cette saison-là, finissant à l’avant-dernier rang dans l’Est, huit points devant l’Impact.

 Dans cette saison évidemment décevante, l’entraîneur en chef Frank Yallop avait fait ressortir une statistique intéressante. «Mon club n’a jamais encaissé deux revers de suite au cours de la saison», a-t-il dit à l’époque.  Les Sounders de Seattle, champions du Supporter’s Shield avec leur récolte de 61 points (25 de plus que le Fire), ne pouvaient même pas se vanter d’avoir fait aussi bien.

 

Crédit Photo: IMFC\ Marc-André-Donato

 

 Pour en revenir à l’Impact, ses verdicts nuls de 2016 ne mettent pas encore le club montréalais en danger. Bien des entraîneurs apprécieraient la fiche de 3 gains 2 revers et 6 nulles que l’Impact s’est façonnée depuis le 9 avril. Cependant, le Bleu-Blanc-Noir devra trouver le moyen – surtout à domicile – de «peser sur l’accélérateur» en fin de match pour ne plus laisser trop souvent ses partisans sur leur faim. Et de laisser trop de points sur le terrain.

 

Ces fameux 0-0 au soccer…

Par: Martin Smith

19.06.2016

 

À la fin des années 80 alors que je couvrais le Supra, puis le FC Supra (ancêtres de l’Impact) pour le compte du Journal de Montréal, c’était inévitable qu’un verdict nul de 0-0 soit décrit comme étant «aussi plate qu’un affrontement entre le Canadien et les Sabres…»

 

    Non seulement les comparaisons étaient toujours reliées au monde du hockey mais, de plus, on ne retrouvait aucune subtilité dans l’analyse. Un club pouvait avoir tiré 25 fois en direction du but et avoir enregistré 15 tirs cadrés, rien n’y faisait. Le 0-0 était toujours un résultat… plate!

  C’est sans doute encore ce qualificatif que ces gens emploieraient pour décrire la moitié des 24 premiers matchs disputés à l’EURO 2016 où une égalité de 0-0 existait à la mi-temps. Pourtant, les équipes en lice ont beau devoir être prudentes lors de leurs deux premiers matchs de phase de groupe, le spectacle est rarement soporifique.

 Ce qui m’amène au verdict de 0-0 qui a couronné le match entre l’Impact et le Crew au stade MAPFRE, samedi soir.

 En plus d’avoir été évidemment qualifié de «soporifique», le match a aussi eu droit au titre habituel: «L’Impact se contente d’un match nul face au Crew».

   «Se contente…» !?!?

   Le club montréalais dispute un match à l’étranger dans une ligue où un seul des 20 clubs présente une fiche supérieure à ,500 lorsqu’ils sont en dépacement et un match nul est accueilli comme un résultat en demi-teinte?

    L’entraîneur en chef montréalais Mauro Biello n’était évidemment pas du même avis, d’autant plus qu’il avait dû planifier sa stratégie en l’absence de Laurent Ciman, Marco Donadel, Ignacio Piatti, Calum Mallace, Donny Toia…

     Pas étonnant que dans le communiqué officiel de l’Impact, Biello remette les pendules à l’heure en décrivant le résultat dans un contexte plus juste: «Nous n’avons pas accordé de but. Nous sommes invaincus cette saison contre Columbus et nous venons de prendre un point sur la route. C’était important de ne rien donner à l’adversaire. Ce résultat est très bon pour nous.»

  Même son de cloche de la part du gardien Evan Bush, auteur d’un très gros arrêt sur un tir à bout portant de Justin Meram, qui en a même rajouté: «Tous les points sont bons sur la route, surtout contre une équipe comme Columbus qui s’améliore et qui avait remporté un gros match, mercredi dernier. De plus, nos deux blanchissages de suite sont un point positif.»

    À l’avenir, si ce n’est déjà fait, ne vous fiez pas aveuglément aux titres et aux généralisations qui accompagnent un résultat de 0-0 car ils sont souvent trompeurs. Encore ce dimanche, ni la France, ni la Suisse ne sont parvenues à marquer dans le match les opposant dans le cadre de l’EURO 2016, mais la rencontre a donné lieu à de nombreuses belles actions et, n’eut été du brio du gardien suisse Yann Sommer, il n’y aurait pas eu deux zéros au tableau indicateur du stade de Lille.

 

  Hassoun Camera, Impact vs Chicago, 27 avril 2013.Crédit photo: Marc-André Donato.

 

Bravo, Hassoun!

 Pour conclure cette chronique résolument positive, mes félicitations à Hassoun Camara, un de mes joueurs préférés, qui est devenu à Columbus le premier joueur de l’Impact à avoir joué 8 000 minutes et à avoir accumulé 90 titularisations dans la MLS dans l’uniforme bleu, blanc et noir.

 

 

Impact vs Galaxy sous l’angle des salaires

Par: Martin Smith

29.05.2016

 

Un scénario à la sauce hollywoodienne a permis à l’Impact de savourer la première victoire de son histoire en MLS contre le Galaxy de Los Angeles alors que la touche finale, spectaculaire au possible, a été assurée par le héros local, «Drogba la légende».

 

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 Ce fut aussi le cas, quelques heures plus tôt dans la finale de la Ligue des Champions de l’UEFA, alors qu’un certain Cristiano Ronaldo a inscrit le penalty décisif qui a valu un 11e titre de club champion d’Europe au Real Madrid.

    Dans le cas de cette finale disputée à Milan, on plaindra l’Atletico Madrid qui aurait mérité de soulever le plus prestigieux trophée au monde pour les clubs et on plaindra surtout le formidable Juanfran dont le tir en plein sur un poteau en fusillade a ouvert toute grande la porte au Real.

    De retour au stade Saputo, on peut dire que l’Impact s’est «sauvé» avec la victoire puisque le but décisif a été inscrit sur la dernière action de la rencontre, à la 94e minute, mais personne ne peut prétendre que le club montréalais a «volé» le résultat final qui lui permet d'occuper le troisième rang du classement de l’Est.

   La victoire de l’Impact impressionne aussi car elle a été enregistrée contre un adversaire qui n’avait pas perdu à ses neuf matchs précédents. Il faut en effet remonter au 12 mars et au deuxième match de la saison du Galaxy pour trouver le seul autre revers du club de Los Angeles, un revers de 1-0 au Colorado.

 

Gerrard vs l’Impact

    Plutôt que de traiter ce match sous un angle sportif, j’ai envie de l’examiner sous la loupe du rendement sur l’investissement, c’est-à-dire des salaires versés aux joueurs en action. L’occasion s’avère d’autant plus propice que la liste de paie totale de l’Impact est à peine 10% plus élevée que le salaire versé au seul Steven Gerrard, joueur désigné le plus connu du Galaxy.

    J’ai beaucoup admiré Gerrard dans le passé. J’ai d’ailleurs assisté en personne dans le grand stade olympique Ataturk d’Istanbul à une des performances les plus fascinantes jamais produites par un joueur alors que le capitaine de Liverpool a porté son club sur ses épaules pour remonter un déficit de 3-0 face à l’AC Milan et permettre aux Reds de gagner la finale de la Ligue des Champions UEFA de 2005.

    Cependant, je ne comprends pas qu’un club puisse verser 6M$ à un joueur de 36 ans qui occupe une position aussi cruciale et qui ressemble parfois à un touriste sur le terrain. Au même salaire et à la même position, je prendrais Michael Bradley avant Steven Gerrard n’importe quand!

    Tant qu’à lorgner du côté du FC Toronto, on a noté avec grand intérêt qu’ils ont perdu 3-0 contre les Red Bulls de New York, samedi. Faut dire que leur attaquant à 7M$ par année a dû quitter le match dès la 22e minute pour cause de blessure alors que, dans le camp newyorkais, l’attaquant Bradley Wright-Phillips – payé 10 fois moins cher que Sebastian Giovinco! – établissait une marque de la MLS pour le tour du chapeau le plus rapide inscrit à partir du sifflet initial en faisant mouche à trois reprises au cours des 27 premières minutes de la rencontre.

  Du côté de l’Impact, on commençait à se demander si les 440 000$ accordés à Lucas Ontivero étaient un bon investissement comparé aux 425 000$ pour Ignacio Piatti. «Nacho» fait partie de la quintette des meilleurs buteurs de la ligue avec ses 8 buts tandis qu’Ontivero a fini par inscrire son premier but sous les couleurs montréalaises contre le Galaxy. Sans l’ombre d’un doute, Piatti représente le meilleur rendement sur investissement dans toute la MLS!

 

Une défense très rentable

 Et que dire de la brigade défensive envoyée sur le terrain par l’entraîneur en chef Mauro Biello pour faire face à l’attaque la plus menaçante de la MLS, celle du Galaxy qui marque en moyenne 2,25 buts par match, soit un demi-but de plus que sa plus proche rivale?

 Devant le filet, le gardien Evan Bush et sa rémunération annuelle de 117 500$. Le latéral droit Kyle Fisher, choix de première ronde du repêchage de 2016, a signé une entente lui rapportant 73 375$ par année. Le latéral gauche, Maxim Tissot, empoche 63 000$. La défense centrale était confiée à Hassoun Camara (180K$) et à Wandrille Lefèvre (63K$).

    Dans le onze partant montréalais, le seul joueur à gagner plus de 500K$ par année était Didier Drogba avec sa rémunération de 2,2M$. Par comparaison, du côté du Galaxy, ils étaient quatre à gagner plus de 500K$ par année.

    Pourtant, l’Impact a une fois de plus démontré que les gros salaires achètent sans doute du talent et de la réputation, mais pas toujours de l’acharnement, du cœur au ventre, de la soif de victoire.

 Une statistique passée inaperçue est fort révélatrice à ce sujet. Depuis le début de la saison 2016, l’Impact est allé chercher 6 points, grâce à des buts marqués dans les arrêts de jeu d’un match.

    Avant le but de Drogba à la 94e minute pour décrocher la victoire contre le Galaxy, il y avait eu un but d’Oduro à la 93e minute pour arracher un spectaculaire verdict nul de 4-4 à Columbus, le 7 mai, un but de ce même Oduro à la 91e minute pour aller chercher le point d’un nulle contre NYCFC, le 27 avril, et un but de Piatti à la 91e minute qui a permis de ramasser les trois points d’une victoire contre Chicago, le 16 avril.

    Ne jamais lancer la serviette est une bien meilleure garantie de succès que d’accorder de très lucratifs contrats à des joueurs sur la base de leur réputation. L’Impact en fait la preuve éclatante en 2016.

 

Une drôle de saison en MLS

Par: Martin Smith

23.05.2016

 

La défaite de 2-1 à Orlando, samedi dernier, prouve à quiconque en doutait encore que l’Impact traîne la patte et qu’il le fait depuis plus d’un mois alors que le club montréalais n’a pu faire mieux que de se façonner une fiche de quatre nulles et deux revers depuis sa dernière victoire qui remonte au 16 avril. Une éternité, quoi!

 

Crédit photo: IMFC/Marc-André Donato

L’Impact semblait parti pour la gloire à l’époque.  Quatre victoires, dont deux à l’étranger, à ses six premiers matchs et l’impression que le meilleur était à venir…

    On a bien vite déchanté face à une équipe qui accorde autant de buts qu’elle en marque (19 buts pour; 18 buts contre) et qui semble fragile dans tous les aspects du jeu, ce qui n’ira sûrement pas en s’améliorant avec la sélection de Laurent Ciman par l’équipe de Belgique en vue de l’EURO 2016.

 Heureusement pour les propriétaires, les entraîneurs et les joueurs montréalais, la saison 2016 en MLS se caractérise par un manque flagrant de constance de la part d’une grande majorité de clubs.

    Jusqu’à présent, seulement 5 clubs sur 20 sont parvenus à récolter plus de la moitié des points à l’enjeu de leurs affrontements depuis le début de la saison. Une moyenne de 1,5 point par match représente non seulement un seuil de respectabilité, mais constitue le cap à viser pour être assuré de participer aux séries éliminatoires. Lors des cinq dernières saisons, les Earthquakes de San José ont été le seul club à être exclu des séries après avoir maintenu une moyenne de 1,5 point par match durant la saison régulière.

    Pour le moment, donc, pas question de peser sur le bouton «Panique» puisque la valse-hésitation est encore plus flagrante dans l’Association de l’Est où le seul club à afficher une moyenne supérieure au seuil de respectabilité de 1,5 point par match – et de peu… - est l’Union de Philadelphie (1,64).

 

    L’Impact vient d’encaisser son quatrième revers de la saison après avoir accordé deux buts à Cyle Larin, recrue de l’année 2015 en MLS, qui a bénéficié à chaque occasion d’une passe du joueur le mieux payé de la MLS, Ricardo Kaka, avec son salaire de base de 6,6M$.

    Et le club montréalais se retrouve maintenant au 5e rang de l’Est… à deux petits points du sommet de classement. Bonne idée, par conséquent, de relativiser la situation alors que capitaine Ciman quitte pour une durée minimale d’un mois, mais qui pourrait s’étendre jusqu’à la mi-juillet si les «Diables rouges» se rendent en finale de l’EURO 2016!

    Le moment est particulièrement bien choisi pour se rappeler que «Quand on se regarde, on se désole… mais quand on se compare, on se console!»

 

Les salaires 2016 en MLS

   Cette maxime s’applique aussi bien à la liste des salaires des joueurs de la MLS, récemment rendue publique.

    L’Impact s’est fait battre 2-1 par un club dont l’effectif comprend le joueur le mieux payé en MLS et seulement deux autres joueurs dont le salaire est supérieur à 500 000$. Il s’agit de Brek Shea (595K$) et d’Antonio Nocerino (650K$).

    Mais, imaginez un instant être un fan du New York City FC, savoir que l’effectif de votre club inclut trois joueurs désignés – David Villa, Andrea Pirlo et Frank Lampard - gagnant chacun entre 5,6M$ et 6M$  et que votre club se fait laver 7-0 dans le derby newyorkais par des Red Bulls qui comptent deux joueurs désignés, Bradley Wright-Philipps et Gonzalo Veron, dont le salaire combiné s’élève à 1,4M$ !

    Savez-vous quoi, je préfère être un fan d’un club qui ne garroche pas l’argent par les fenêtres en direction d’un joueur de grande réputation, dont les meilleurs jours sont loin derrière, et qui vient en Amérique du Nord pour engraisser son fonds de pension!

    Les méchantes langues prétendront que Didier Drogba fait partie de cette catégorie mais son rendement de la fin de la saison 2015 laisse croire qu’il est encore capable de grandes choses…

    Quoi qu’il en soit, revenons à nos moutons favoris et à la liste de paie de l’Impact.

    On y retrouve 12 joueurs dont le salaire de base est de moins de 100 000$, incluant le capitaine Patrice Bernier. Et huit joueurs gagnant plus de 200 000$ en rémunération totale avec les 2,2M$ de Drogba en tête de liste. Ça ressemble à de la bonne gestion si on fait exception des 440K$ accordés à Lucas Ontivero. Dans le cas de l’Impact, «l’aubaine du siècle» est sans l’ombre d’un doute, le contrat de 425K$ accordé à Ignacio Piatti !

    Dans la MLS, la palme de la plus grande frugalité au niveau des salaires revient au FC Dallas dont la facture pour son effectif complet s’élève à 4,3M$ et dont le plus haut salarié, Carlos Gruezo, reçoit une rémunération totale de 686K$! Pourtant, Dallas pointe au second rang de la puissante Association de l’Ouest…

    À l’autre extrémité, on retrouve le FC Toronto (21,8M$), le New York City FC (21M$) et le Galaxy de Los Angeles (18,1M$). Les autres clubs avec des masses salariales supérieures à 10M$ sont les Sounders de Seattle (10,5M$) et les Lions d’Orlando City (11,6M$).

    C’est bien pour dire qu’avoir les poches pleines ne garantit pas le succès…

Merci aux Whitecaps !

Par: Martin Smith

15.05.2016

 

L’Impact doit une fière chandelle à leurs rivaux de très longue date, les Whitecaps de Vancouver, pour leur avoir permis de conserver la tête du classement de l’Est, même si le club montréalais n’a pas goûté à la victoire au cours de ses cinq derniers matchs.

 

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En se contentant d’un quatrième verdict nul consécutif – par la marque de 1-1 celui-là - alors que l’Union de Philadelphie était le visiteur lors d’un samedi après-midi très pluvieux au stade Saputo, l’Impact a continué de laisser les rênes du classement à ses poursuivants qui ne demandaient pas mieux que de voir le leader faire du surplace.

    Heureusement pour le club montréalais, les Whitecaps de Vancouver, motivés par une séquence de deux victoires d’affilée et sans doute aussi par l’envie de signer la première victoire de leur histoire au BMO Field, ont livré une performance impressionnante dans une enceinte toujours très hostile à l’endroit des visiteurs.

    La spectaculaire victoire de 4-3 des Whitecaps a finalement cloué les Reds au troisième rang du classement, un point derrière l’Union et deux derrière l’Impact.

    L’avalanche de buts était d’autant plus inattendue que le FC Toronto revendiquait la défense la plus avare de l’Est, ayant accordé seulement 7 buts à ses 9 matchs précédents.

    L’Impact doit donc tout d’abord un gros Merci au défenseur torontois Damien Perquis pour sa passe molle qui a servi le premier but sur un plateau d’argent à Kekuta Manneh dès la 12e minute et dont la couverture, aussi molle, a permis au même Manneh d’inscrire le troisième but des Whitecaps au terme d’un slalom impressionnant dans la surface des Reds à la 70e minute.

    Le corollaire de ce premier merci est que Kekutah Manneh doit aussi en recevoir un puisque ses courses et son doublé ont obligé la défense torontoise à jouer sur les talons.

    L’Impact doit aussi dire Merci à Michael Bradley qui a joué mollement sur le deuxième but des Whitecaps et a permis à Christian Bolanos d’avoir tout l’espace et le temps nécessaires pour s’emparer d’un long retour et déjouer le gardien Clint Irwin d’un tir parfaitement cadré.

L’Impact doit aussi un gros merci au gardien David Ousted qui a bloqué un tir de penalty de Jozy Altidore et s’est aussi distingué avec un superbe arrêt face à Sebastian «Fourmi atomique» Giovinco qui a tout de même inscrit un doublé pour porter sa récolte à huit buts en dix matchs.

  Finale   ment, le dernier Merci et non le moindre va au capitaine Pedro Morales qui a inscrit le but de la victoire en s’inspirant de Nacho Piatti pour exécuter un beau tir enroulé imparable vers le poteau éloigné, à la 72e minute.

 Évidemment, des remerciements doivent être suivis d’appels à faire amende honorable à certains joueurs pour des crampes de cerveau qui auraient pu être très coûteuses.

 Mettons celle-là sur le compte de la jeunesse, mais avouez que même si vous êtes un jeune défenseur de 21 ans, vous devez être capable de mettre une situation en contexte et d’agir en conséquence.

 En résumé, il reste quatorze minutes en temps régulier au match et les Whitecaps mènent 4-2 sur la route. Le défenseur latéral droit canadien Fraser Aird, déjà sanctionné d’un carton jaune à la 63e minute, cramponne brutalement la cheville de Jonathan Osorio à une douzaine de mètres de son filet alors que la menace est nulle. L’arbitre brandit un carton jaune devant Aird pour une deuxième fois, puis sort le rouge et expulse le joueur.

 Vancouver se retrouve à devoir jouer à 10 contre 11 pour le reste du match.

 Le FC Toronto sent le vent changer de bord et réduit la marque à un seul but, quatre minutes après l’expulsion de Aird. Les Reds montent alors la pression d’un cran supplémentaire et assiègent le territoire des Whitecaps.

Giovinco, Bradley et leurs coéquipiers donnent tout ce qu’ils ont, mais les Whitecaps résistent pour le plus grand bonheur de tous les membres de l’Impact ainsi que de leurs fans.

 Le club montréalais l’a échappé belle. Toujours en tête de l’Est malgré un passage à vide. Les astres ne continueront pas à être encore aussi bien alignés. Surtout que Didier Drogba est sorti sur blessure à l’aine à la 70e minute, après avoir été l’unique marqueur de l’Impact.

 Le club montréalais joue son prochain match à Orlando, samedi prochain, et y affronte des Lions qui seront sans nul doute affamés puisqu’eux non plus, n’ont pas gagné à leurs cinq dernières rencontres.

 Puis, dans deux semaines, l’Impact accueillera le puissant Galaxy de Los Angeles qui a perdu un seul de ses dix premiers matchs de la saison 2016.

Si les entraîneurs montréalais ne sont alors toujours pas parvenus à faire rouler la machine correctement, ils savent qu’ils auront un mois de juin très allégé au niveau compétitif pour apporter les ajustements nécessaires.    En effet, pour faire place à la 100e édition du tournoi de la Copa Amèrica, chaque club de la MLS jouera seulement deux ou trois matchs réguliers en juin.

   L’Impact affrontera le Crew à Columbus, le 18 juin, puis accueillera le Sporting Kansas City au stade Saputo, une semaine plus tard.

   Il est à espérer que d’ici là, l’Impact se sera pris en mains et ne pensera même pas à devoir dire merci à quelque rival que ce soit…

 

Quel match de fous!

Par: Martin Smith

08.05.2016

 

Le verdict nul de 4-4, enregistré samedi à Columbus, laissera un souvenir de victoire morale dans le camp de l’Impact au cours des prochains jours, car quitter un terrain hostile avec un point en banque, après avoir comblé un déficit de trois buts, témoigne d’une force de caractère peu commune.

 

Crédit photo: IMFC /Marc-André Donato                           Kei Kamara

 

C’est le genre de dénouement qui fait vieillir les coaches prématurément mais qui a le bénéfice énorme de souder un groupe. Dans le camp victime de la remontée spectaculaire, l’effet inverse se produit comme on a rapidement pu le constater dans l’entrevue d’après-match de Kei Kamara qui a carrément remis en question l’esprit d’équipe de ses coéquipiers du Crew.

    On dira que trois matchs nuls de suite, ce n’est pas particulièrement brillant mais deux d’entre eux sont survenus sur la route alors que l’Impact tirait de l’arrière. Non seulement le club montréalais est parvenu à égaler la marque, mais il l’a fait pendant les arrêts de jeu et, à chaque occasion, par l’entremise de Dominic Oduro. Au Yankee Stadium, d’abord; puis au stade MAPFRE.

    Ces points, grapillés in extremis, pourraient s’avérer très précieux en fin de saison. Par surcroît, n’oublions pas que ces verdicts nuls empêchent un rival de division d’engranger les trois points d’une victoire…

    N’empêche qu’il est de plus en plus évident que l’Impact est fragile en défense. Quinze buts accordés en dix matchs, c’est énorme! Par comparaison, la meilleure défense de l’Est, celle du FC Toronto, en a accordé seulement sept en neuf matchs.

    Au Réseau des Sports, l’analyste Jean Gounelle, après avoir pondu tout un pléonasme en disant qu’il «faut se calmer et prendre les choses calmement», a utilisé un qualificatif tout à fait à propos pour évaluer les brigades défensives de l’Impact et du Crew. Elles furent «catastrophiques», selon lui. J’appuie et je seconde, comme on dit…

    Le plus intrigant dans tout cela est que l’Impact a présenté la deuxième meilleure défense de l’Est en 2015 mais sa ligne arrière, décimée par les blessures, semble avoir perdu le cap depuis le début de la saison. La communication semblait parfaite entre Ciman et Cabrera, la saison dernière, mais ce n’est pas du tout le cas, cette saison.

    Bien sûr, la performance pathétique de l’arbitre Armando Villareal, à côté de la track dans les deux décisions de penalty, fait en sorte que les défenseurs marchent plus sur des œufs, mais il va falloir travailler en priorité sur cet aspect du jeu dans le camp montréalais.

    L’Impact ne pourra pas toujours compter sur les buts de classe mondiale de Nacho Piatti ou de … Maxim Tissot!

    Pendant ce temps à Toronto, les Reds ont enfin pu jouer dans leur BMO Field agrandi et rénové après un séjour de huit matchs sur la route. Ils ont comblé leurs partisans en signant une courte victoire de 1-0 contre le FC Dallas. Le joueur étoile Sebastian Giovinco a contribué une passe parfaite sur le but du jeune Tsubasa Endoh.

    Il ne fait plus de doute que le FC Toronto sera une des puissances de la ligue, cette saison, tout comme le Galaxy de Los Angeles qui marque des buts à la pelle et en accorde très peu.

  Pendant ce temps à Vancouver, les Whitecaps ont tenu bon et ont enregistré une victoire de 2-1 contre leurs rivaux de Portland. Avec trois défaites à leurs cinq matchs précédents, les ‘Caps, aussi poreux en défense que les Montréalais, étaient rendus à l’avant-dernier rang du classement dans l’Ouest. Leur regain de vie face aux Timbers les replace en meilleure position.

 

Classe mondiale versus classe… laborieuse !

Par: Martin Smith

01.05.2016

 

La journée de samedi avait pourtant bien commencé.

Un beau ciel bleu, un soleil qui frappait fort, des parents enthousiastes le long des lignes de touche du terrain no. 1 du parc de la Voie maritime à Saint-Lambert et l’équipe U12MAA locale qui signe une victoire de 3-1 contre les visiteurs de Granby en match d’ouverture de la Ligue interrégionale de la Zone 2.

 

 

Après la traditionnelle file indienne pour échanger les poignées de mains (photo ci-dessus), la récompense est venue pour fiston: assister avec papa au match de l’Impact contre les Rapids du Colorado au stade Saputo…

 Là aussi, les conditions parfaites ont d’abord souri à l’Impact. Mais, une fois le sifflet final entendu, tous s’entendaient pour dire que le verdict nul de 2-2 face aux Rapids devait être qualifié de décevant.

Dimanche soir, l’Impact occupe toujours le sommet du classement de l’Est mais force est de constater que ce statut de leader cache un manque flagrant de constance dans les performances depuis le début de la saison.

 Il suffit de consulter le tableau du suivi des résultats des clubs de la MLS pour se rendre à l’évidence. La feuille de route de l’Impact épouse un éloquent parcours en dents de scie : 2 victoires, puis 2 défaites, puis 2 victoires, puis 1 défaite, puis 2 nulles…

 

Crédit photos: Impact Montréal/Marc-André Donato

 

La mince récolte de deux points sur neuf lors des trois derniers matchs peut être mise sur le compte d’un calendrier chargé puisque ces trois matchs ont été disputés en huit jours. Elle peut aussi être mise sur le compte des blessures à Victor Cabrera, à Donny Toia et à Hassoun Camara qui ont décimé la brigade défensive, mais les excuses resteront toujours des excuses…

 À ce chapitre, le FC Toronto aurait eu toutes les raisons du monde de connaître un début de saison difficile puisque les Reds devaient disputer leurs huit premiers matchs sur la route à cause des rénovations apportées au BMO Field.

Pourtant, les Torontois auraient pu se retrouver dimanche soir avec autant de points en banque (14) que leurs rivaux montréalais et partager avec eux le sommet du classement, mais les Timbers de Portland ont joué les trouble-fêtes en leur infligeant une défaite de 2-1, dimanche après-midi au Providence Park, en conclusion de leur très long séjour sur la route.

L’Impact peut dire merci au joueur désigné argentin Diego Valeri qui a inscrit le but vainqueur avec un coup franc aussi magistral que celui de Didier Drogba, la veille au stade Saputo.

 Dans le camp montréalais, le portrait de la situation est clair: l’attaque fait partie des meilleures de la MLS, mais la défense se situe dans une classe, disons, plutôt laborieuse.

 Des expressions employées par l’entraîneur en chef des Rapids du Colorado et par le général de la brigade défensive de l’Impact, au moment de faire le bilan du match de samedi, confirment d’ailleurs ce diagnostic.

 Pablo Mastroeni, ancien international américain, a reconnu qu’un club peut difficilement se plaindre d’un résultat après s’être fait marquer «deux buts de classe mondiale». Le coup franc parfait de Didier Drogba et la frappe magistrale de Maxim Tissot font en effet partie de ces gestes techniques épatants qu’on garde pour les mettre dans les «buts de la semaine»…

 Laurent Ciman, lui, s’est montré sans complaisance pour décrire les deux buts des Rapids. «Ils étaient parfaitement évitables», a-t-il reconnu avec sa franchise habituelle.

   Heureusement, le club montréalais a maintenant toute une semaine pour travailler sur les aspects les plus laborieux de son jeu puisque son prochain match se déroulera à Columbus, le samedi 7 mai. Faudra travailler, en particulier, la défense lors des phases de jeu arrêté.  Ça presse d’autant plus que le Crew est très menaçant dans cet aspect du jeu avec les Federico Higuain, Kei Kamara et autres…

 Bonne semaine.

 

Après le pot, les fleurs…

Par: Martin Smith

28.04.2016

 

«Papa, qu’est-ce qu’il fait là, Drogba, à tirer le coup franc? Il devrait être dans la surface pour reprendre le ballon de la tête, non?»

 Mon fils Gabriel, 11 ans et membre de l’équipe U12MAA de Saint-Lambert, devait avoir lu dans mes pensées.

 

 

 En toute fin de la période des arrêts de jeu au Yankee Stadium, mercredi soir, alors que le New York City FC, en avance par 1-0, avait l’impression d’être sur le point de cesser d’être la seule équipe de la MLS à ne pas avoir encore savouré la victoire à domicile en 2016, l’Impact a hérité d’une occasion en or à la suite d’une faute commise tout juste à l’extérieur gauche de la surface de réparation newyorkaise.

   Et voilà que Didier, grand spécialiste du jeu aérien, décide de tirer lui-même le coup franc plutôt que de s’offrir comme cible devant le gardien Josh Saunders…

Dans le salon chez nous, même réaction chez le père et le fils. Sauf qu’avant même d’avoir le temps d’en discuter davantage, «Drogba la Légende» a tiré rapidement en direction du premier poteau et vers Dominic Oduro qui s’était faufilé pour reprendre de la tête et enfiler le ballon entre le poteau et le gardien.

   Égalité 1-1 avec quelques secondes à jouer seulement. Wow! L’équivalent d’une victoire morale. D’autant plus salutaire que la défaite contre le FC Toronto, quatre jours plus tôt au stade Saputo, avait sans aucun doute laissé un goût amer dans la bouche de plusieurs joueurs.

   Étonnant tout de même comment un match de soccer peut basculer tant sur une crampe de cerveau – la faute dans la surface par Victor Cabrera contre Toronto – que sur un éclair de génie, une combinaison sublime entre deux joueurs comme celle que nous ont servie Drogba et Oduro pour ainsi permettre à l’Impact de reprendre la tête du classement de l’Est, un point devant l’Union de Philadelphie mais avec un match joué en plus.

   Après avoir donné le pot à Cabrera dimanche dernier, il convient de donner les fleurs au duo Drogba-Oduro qui a semé la joie dans le camp montréalais et dans les salons de leurs fans québécois.

La tâche ne sera pas facile pour le match suivant, samedi au stade Saputo.

   Les visiteurs, les Rapids du Colorado, ont déjà 16 points en banque, trois de plus que l’Impact après avoir disputé le même nombre de matchs. Invincibles à domicile avec leurs quatre victoires en autant de matchs, les Rapids sont plus vulnérables sur la route avec une fiche d’une victoire, une nulle et deux revers en quatre matchs.

   Les Rapids misent sur leur défense, la meilleure de l’Ouest avec seulement 6 buts accordés en 8 matchs. Cette brigade hermétique leur permet d’engranger des points car leur attaque a été plutôt famélique en début de saison avec une maigre production de 5 buts à leurs 6 premiers matchs. Puis, l’attaque s’est mise à cliquer alors que les Rapids ont inscrit 5 buts à leurs deux plus récents matchs. Faut dire que leurs adversaires étaient les Red Bulls et les Sounders, deux clubs qui connaissent un mauvais début de saison.

  L’Impact devra surveiller particulièrement l’attaquant argentin Luis Solignac et l’international américain Jermaine Jones tandis que les Rapids devront en faire autant avec Drogba, Piatti, Oduro et Ontivero, tout en priant pour une crampe de cerveau montréalaise et en souhaitant ne pas devoir faire face à un éclair de génie…

Le monde à l’envers à 6 mois d’intervalle

Par: Martin Smith

24.04.2016

 

Ma première chronique, écrite pour le site 11x90.com, s’intitulait «Quand Drogba fait pâlir l’étoile de Giovinco» et saluait un doublé de l’attaquant ivoirien dans une victoire de 2-1 de l’Impact contre le FC Toronto, lors du 34e et dernier match de la saison régulière 2015.

 

Ignacio Piatti- Crédit photo: Pablo A. Ortiz

 

Presque exactement six mois plus tard, le scénario inverse s’est produit au stade Saputo alors que le petit attaquant italien, surnommé «Fourmi atomique», a pris sa revanche sur Drogba en signant un doublé qui a valu une victoire de 2-0  aux Reds.

    Victoire d’autant plus précieuse pour les rivaux torontois qu’elle est survenue alors qu’ils en étaient à un 7e match consécutif sur la route pour permettre que soit complétée une cure de rajeunissement et d’agrandissement de 120M$ à leur domicile du BMO Field.

 Entre le 25 octobre 2015 et le 23 avril 2016, c’est le monde à l’envers pour l’Impact qui aurait souhaité un meilleur scénario alors que le club montréalais effectuait son lever de rideau extérieur dans un stade Saputo plein à craquer.

    Blanchissage à domicile doublement difficile à encaisser puisqu’il a permis à l’Union de Philadelphie, tombeur du NYCFC en ce beau samedi d’avril, de devancer l’Impact au sommet du classement de l’Est en vertu d’un meilleur différentiel entre les buts marqués et les buts encaissés.

    Fait à noter ajoutant de l’eau au moulin de ce monde à l’envers, l’Impact a été la seule des sept équipes jouant à domicile, en ce samedi,  à ne pas signer la victoire.

Le Galaxy de Los Angeles a enregistré le gain le plus spectaculaire par la marque de 5-2 contre le Real Salt Lake, invaincu à ses 6 premiers matchs. Pour leur part et en tant qu’hôtes, les Whitecaps de Vancouver, le DC United, le Crew de Columbus et l’Union de Philadelphie ont tous blanchi leurs adversaires tandis que les Rapids du Colorado, prochains visiteurs au stade Saputo, ont battu les Sounders de Seattle par la marque de 3-1.

 

Crampe de cerveau comme point tournant d’un match

 Pourtant, tout allait bien dans cette 11e édition montréalaise de ce qu’il est maintenant convenu d’appeler le «derby de la 401».

 En fait, tout allait bien jusqu’à la 40e minute alors que Victor Cabrera a inutilement et bêtement fauché Jozy Altidore dans un coin éloigné de la surface de réparation. S’en est suivi un penalty converti par Giovinco qui a donné une avance de 1-0 aux Reds.

 Une faute aussi bête, commise alors que le ballon roule pour une équipe, a très souvent le tour de scier les jambes des coéquipiers du joueur qui a subi une crampe momentanée du cerveau.

 Ce même genre d’effet s’est produit plus tôt dans la journée au stade d’Anfield. Tout allait bien pour Liverpool qui avait retraité au vestiaire à la mi-temps avec une avance de 2-0, grâce à des buts de Daniel Sturridge et d’Adam Lallana.

    Puis, quatre minutes après le retour sur le terrain, le gardien belge Simon Mignolet a fait une sortie très mal calculée sur un centre et a laissé son filet complètement ouvert pour Papiss Cissé, mal couvert, dont la facile reprise de tête a réduit l’écart à un seul but.

    Les joueurs de Newcastle, menacés de relégation en Championship, ont alors repris vie et ont égalé la marque, un quart d’heure plus tard. Résultat qui a tenu jusqu’au sifflet final. Deux points perdus pour les Reds; une ligne de survie pour les Geordies.

    Personne ne veut pointer un seul joueur du doigt pour expliquer une défaite, qu’elle survienne à Montréal ou à Liverpool, car des occasions de reprendre le contrôle du match se sont produites aussi bien au stade Saputo qu’à Anfield, mais le fait qu’elles n’aient pas été converties amplifie les conséquences de la crampe de cerveau.

 Avec un peu moins de vingt minutes à jouer dans le stade de la rue Sherbrooke et alors que la marque était encore de 1-0 pour les Reds, le demi torontois Marco Delgado a lui aussi commis une faute bête contre Nacho Piatti en plein centre du terrain et à quelques mètres à peine à l’extérieur de la surface de réparation.

   La Fourmi atomique s’est alors mise à gesticuler comme un diable dans l’eau bénite pour marquer sa désapprobation à l’endroit de son jeune coéquipier. Un manque de classe évident. Heureusement pour les Reds, Drogba a expédié le coup franc dans la stratosphère et Giovinco a mis le glaçage sur le gâteau avec le but d’assurance, dix minutes plus tard.

 À la décharge de Cabrera, mentionnons que le FC Toronto a amplement démontré que sa brigade défensive est nettement améliorée et mérite de présenter la meilleure fiche dans l’Est avec un maigre 5 buts accordés en 7 matchs..

    La beauté du sport réside dans le fait que les joueurs ont rapidement l’occasion de se reprendre et de faire oublier – souhaitons-leur! – une coûteuse crampe du cerveau.

    Victor Cabrera pourra le faire dès mercredi alors que l’Impact rendra visite au NYCFC d’Andrea Pirlo et de David Villa. Pour sa part, Simon Mignolet pourra le faire dès jeudi alors que Liverpool foulera le terrain du stade Madrigal pour le match aller de la demi-finale de la Ligue Europa qui l’oppose au Villareal.

 Sur ce, bonne semaine, et tentez d’éviter les crampes de cerveau, elles peuvent aussi être très coûteuses dans la vie de tous les jours…

 

Pas désignés pour rien…

Par: Martin Smith

17.04.2016

 

Le statut de «joueur désigné» est une particularité de la MLS qui permet à chaque club d’ajouter un maximum de trois joueurs dont le salaire n’est soumis à aucun maximum, mais qui compte seulement pour 436 250$ sous le plafond salarial du club.

David Beckham  Sebastian Giovinco-Photo by Tom Szczerbowski-USA Today Sports Didier Drogba

Plus un propriétaire est riche, plus il peut se payer des «gros noms» sans se soucier que ses finances balancent en fin de saison. C’est tout de même bizarre de constater que la MLS a établi le plafond salarial de chaque équipe à 3,49M$US pour la saison 2015, mais que l’effectif du FC Toronto comprend trois joueurs désignés dont le salaire individuel est supérieur au plafond salarial collectif!

 En effet, les salaires garantis de Sebastian Giovinco, de Michael Bradley et de Jozy Altidore s’établissaient respectivement à 7,2M$US, 6,5M$US et 4,8M$US.

   On n’est pas à une bizarrerie dans cette ligue qui a d’abord cherché à faire en sorte que tous les clubs puissent commencer une saison sur un pied d’égalité. Quelle que soit la profondeur des poches de son propriétaire. Cependant, la réalité a rattrapé la MLS qui s’est rendue compte avec l’arrivée de David Beckham en 2007 qu’elle devait permettre à ses clubs d’attirer des vedettes internationales si elle voulait améliorer sa visibilité.

 

Sans «star», personne ne parle de vous…

Certains clubs ont plongé sans retenue dans cette ouverture alors que d’autres ont fait preuve d’une plus grande retenue en ne garrochant pas les millions par la fenêtre au premier venu.

   Les listes de paie des clubs de la MLS sont éloquentes à ce sujet.

   En 2015, les 20 clubs ont présenté un éventail allant de 22 136 512,03$US pour le FC Toronto à 4 098 291,59US$ pour le FC Dallas. C’est plus que du simple au quintuple!

   L’Impact, lui, s’est situé au 7e rang avec une liste de paie de 6 301 786,93$US, dominée par les 2 166 668$US versés en salaire garanti à Didier Drogba.

On voit bien que c’est une question de moyens, mais aussi de philosophie. Au début de la saison 2016, douze clubs – dont l’Impact - avaient trois joueurs désignés dans leur effectif, tandis que cinq en avaient seulement deux. Pour leur part, le DC United, la Revolution de la Nouvelle-Angleterre et l’Union de Philadelphie en avaient seulement un.

    Tous les investissements en «joueurs désignés» ne rapportent pas les dividendes escomptés. Un des exemples les plus frappants reste celui de l’attaquant Jermain Defoe avec le FC Toronto.

Néanmoins, les clubs s’attendent à ce que leurs joueurs désignés livrent la marchandise. Avouons qu’ils le font régulièrement et de façon souvent spectaculaire.

 

Quand les joueurs désignés livrent la marchandise…

À ce sujet, on aurait difficilement pu trouver meilleure preuve que les matchs des trois clubs canadiens du samedi 16 avril. Les cinq buts marqués dans ces trois rencontres l’ont tous été, sans exception, par des joueurs désignés.

On a d’abord eu droit à un spectacle de première classe au Toyota Park de Chicago. Les  buts de Kennedy Igboananike, de Didier Drogba et de Nacho Piatti vont tous se retrouver dans la course au plus beau but de la semaine, tant l’inspiration et le geste étaient sublimes. Les deux joueurs désignés montréalais ont permis à l’Impact de consolider sa position en tête du classement de l’Est avec cette première victoire au Toyota Park.  Drogba, lui, aime jouer avec le… Fire, comme le prouve sa fiche de 5 buts en trois matchs contre le club de Chicago.

    À Washington, Sebastian Giovinco a marqué un des buts les plus faciles de sa carrière en poussant un ballon dans un filet grand ouvert, portant ainsi à quatre sa récolte de buts en six matchs. Le but de la Fourmi atomique est tout ce dont le FC Toronto a eu besoin pour s’imposer contre le DC United.

    À Salt Lake City, le scénario inverse s’est produit pour les Whitecaps de Vancouver. En effet, même si leur joueur désigné Octavio Rivero a cogné à la porte à quelques reprises, le gardien Nick Rimando a refusé de céder et c’est son coéquipier Juan Manuel Martinez, un des trois joueurs désignés du RSL, qui a scellé l’issue du match et propulsé son club au sommet du classement de la MLS.

    À l’autre extrémité de ce classement, on retrouve les Red Bulls de New York qui ont encaissé 6 défaites en 7 matchs. Il ne faudrait pas s’étonner que Jesse Marsch soit le premier entraîneur à être congédié en 2016. La plus récente défaite, subie samedi sur le terrain enneigé du Dick’ Sporting Goods Park, a fait d’autant plus mal que le but de la victoire des Rapids du Colorado a été inscrit à la 82e minute par le jeune attaquant Dominique Badji dont le salaire annuel s’élève à… 50 000$US!

 

Y’a des jours comme ça…

Par: Martin Smith

10.04.2016

 

Le soleil, le ciel bleu et la chaleur font parfois figure de simples accessoires pour amplifier une sensation de joie de vivre et de légèreté de l’être qui s’est installée au fil des résultats enthousiasmants de nos clubs de soccer préférés.

    En tous cas, moi, en ce beau dimanche après-midi de mi-avril, je dois vous avouer que je flotte.

 

Divock Origi-Liverpool-vs-West-Brom   Anthony Martial-MU

 

Ça a commencé fort dès samedi après-midi avec la superbe victoire de 2-0 de l’Impact au stade Olympique contre le Crew de Columbus, l’équipe contre laquelle la troupe de Mauro Biello avait subi une élimination crève-cœur en demi-finale de l’Association de l’est, l’automne dernier. Une victoire d’autant plus agréable que l’homme du match a été sans contredit Hassoun Camara, un des préférés de la foule montréalaise.

   La revanche est douce au cœur de l’indien, comme le veut le dicton, mais aussi au cœur du Bleu-Blanc-Noir. L’Impact a tourné le fer dans la plaie du Crew en l’empêchant de signer sa première victoire de la saison et en lui faisant porter à cinq sa séquence de matchs sans victoire  pour l’enfoncer dans la cave du classement de la ligue, en vertu d’une bien piètre récolte de deux points en cinq matchs.

    À l’inverse, l’Impact a consolidé sa position en tête du classement de l’Est avec 9 points en banque. D’autant plus étonnant que l’Impact avait habitué ses fans à des départs difficiles alors qu’à ses quatre premières saisons en MLS, le club montréalais avait ramassé seulement 17 des 60 points à l’enjeu au cumulatif des cinq premiers matchs de chaque saison.

 

La soirée était encore jeune quand deux autres bonnes nouvelles sont tombées.

   La première est arrivée du stade Gillette où le FC Toronto a dû se contenter d’un match nul de 1-1 contre la Revolution de la Nouvelle-Angleterre.

   La seconde bonne nouvelle est arrivée en provenance du stade RFK à Washington. Le DC United s’est payé un pique-nique de 4-0 face aux Whitecaps de Vancouver, grâce à des doublés de Fabian Espindola et d’Alvaro Saborio. Un dénouement d’autant plus inattendu qu’il s’agissait d’une première victoire en six matchs pour le DC United qui avait inscrit seulement trois buts à ses cinq matchs précédents et en avait accordé neuf!

Autre club en difficulté en ce début de saison, les Red Bulls de celui qui fut le premier entraîneur en chef de l’Impact, Jesse Marsch. Le club newyorkais s’est fait battre 2-0 par le Sporting Kansas City et a ainsi encaissé une quatrième défaite en cinq matchs.

   Dans mon cas, la table du samedi avait déjà été mise par les matchs en matinée de la Premier League.      D’abord, le tour du chapeau d’Andy Carroll a permis à West Ham de limiter Arsenal à un verdict nul de 3-3 dans un match débridé, digne des grandes rencontres du championnat d’Angleterre.

   Autres résultats appréciés, la défaite de 1-0 de Chelsea à Swansea City (Diego Costa et Cesc Fabregas, pas capab…) ainsi que la difficile victoire de 2-1 de Manchester City contre West Brom.

   Finalement, les matchs de la matinée de dimanche se sont avérés être une belle couche de glaçage sur le gâteau de ce chaud début de printemps…

   Avec en premier lieu, l’éclatante victoire de 4-1 de mon club de cœur, Liverpool, face à Stoke City. Le jeune attaquant belge Divock Origi vaut autant son pesant d’or pour les Reds que les jeunes Anthony Martial et Marcus Rashton pour Manchester United. Puisqu’il est question des Red Devils, leur défaite de 3-0 face à Tottenham est symbolique d’une saison en dents de scie qui laisse un goût amer dans la bouche de leurs fans.

   À l’autre extrémité du spectre, les fans de Leicester City continuent de savourer la saison de rêve de leurs Foxes qui ont signé une victoire de 2-0 contre Sunderland grâce à deux superbes pièces individuelles du joueur par excellence de cette saison en Premier League, Jamie Vardy.

   La fin de saison va être palpitante en Angleterre alors que Leicester City détient une avance de sept points sur ses plus proches rivaux, les Hotspur de Tottenham. À première vue, une telle avance peut sembler confortable mais la liste des adversaires des cinq derniers matchs promet tout un défi : West Ham, Swansea et Everton à domicile, Manchester United et Chelsea sur la route.

   Quant à l’l’Impact, il remet ça samedi prochain contre le Fire au Toyota Park de Chicago.  Et Liverpool?    Après leur nulle de 1-1 contre le Borussia Dortmund lors du match aller de leur série quarts de finale, un résultat positif au stade d’Anfield, ce jeudi, permettrait à Jurgen Klopp et ses joueurs d’accéder à la demi-finale de la Ligue Europa.

 

Bonne semaine et… bon soccer!

Viva la MLS!

Par: Martin Smith

03.04.2016

 

Un petit détour par l’Angleterre et l’Europe me paraît nécessaire afin de mieux faire comprendre les louanges qui suivront à l’endroit de la MLS.

 

Clint Dempsey-Ted WarrenThe Associated Press

 

L’incroyable saison de Leicester City - le petit club qui fait un pied de nez aux poids lourds de la Premier League en ayant porté son avance à sept points sur ses plus proches rivaux dans la course au titre de champion d’Angleterre avec six matchs à jouer - relève davantage de l’exception que de la règle.

  En Europe, les amateurs s’attendent à ce que la hiérarchie soit respectée. Dans la société comme dans les plus hautes divisions du soccer. Les Petits Poucets sont confortablement installés dans le domaine des contes et font de rares apparitions dans les grandes compétitions de soccer.

 En ce début d’avril, Barcelone et Real Madrid sont dans le Top 3 de La Liga. En Allemagne, le Bayern Munich et le Borussia Dortmund occupent les deux premières positions de la Bundesliga. En Italie, les deux clubs de Milan sont hors du Top 4, mais c’est la Juve – surnommée la «Vieille Dame» - qui domine la Serie A. Enfin, en France, le PSG a 25 points d’avance sur Monaco en tête de la Ligue 1!

 Ce n’est pas la première fois que j’évoque cet état de fait, mais je l’ai toujours en mémoire quand je pense à la MLS et à ses caractéristiques propres qui font en sorte que les courses aux titres de champions des associations de l’Est et de l’Ouest semblent toujours ouvertes, saison après saison.

 Vous me direz qu’après quatre matchs, c’est bien tôt dans une saison pour tirer quelque conclusion que ce soit. Néanmoins, c’est tout de même symbolique de constater qu’à l’heure actuelle, trois des clubs ayant terminé dans le quatuor de tête dans l’Est au terme de la saison 2015 se retrouvent actuellement aux trois derniers rangs du classement. Les Red Bulls sont au 8e rang, le DC United au 9e rang et le Crew occupe la cave.

 Dans l’Ouest, les Timbers de Portland, champions en titre de la MLS, occupent le 9e rang tandis que les Sounders de Seattle sont dans la cave et y seraient encore plus confortablement installés si Evan Bush n’avait pas fait une excellente imitation de Simon Mignolet (très erratique gardien du FC Liverpool) sur le coup de pied de coin qui a permis à Clint Dempsey de marquer à la 79e minute, l’unique but dans la victoire de son club face à l’Impact, samedi soir au CenturyLink Field de Seattle.

Démocratique versus aristocratique

 On pourrait presque qualifier de «démocratique» l’approche de la MLS dans l’élaboration et la modification de ses règlements pour que tous ses clubs puissent bénéficier de ce que les Anglais appellent un level playing field, c’est-à-dire qu'aucune interférence extérieure n'affecte la capacité des joueurs et des clubs à se mesurer dans des conditions équitables, tel que décrit dans Wikipédia.

 À l’opposé, les grandes ligues européennes maintiennent une approche dont on pourrait dire qu’elle est «aristocratique» puisqu’elle maintient les privilèges permettant aux grands clubs de le demeurer et de bien représenter leur pays respectif dans les compétitions continentales. Cependant, comme les montagnes d’argent venant des droits de télé (particulièrement en Angleterre) devraient aider à créer un véritable level playing field, il ne faudrait pas s’étonner que les odyssées à la Leicester City se reproduisent dans les années à venir.

 Une autre caractéristique de la MLS qui me plaît est la présence de trois clubs canadiens aux côtés des 17 clubs des États-Unis. Comme c’est le cas depuis longtemps dans la LNH.

 L’Impact et le FC Toronto viennent d’encaisser deux revers de suite après avoir bien commencé la saison tandis que les Whitecaps de Vancouver ont enregistré deux victoires et une nulle après avoir entamé la saison avec deux défaites. On espère qu’ils n’imiteront pas les clubs de hockey canadiens dont aucun ne participera aux séries éliminatoires de la LNH qui commencent sous peu, une situation qui ne s’était pas produite depuis 1970.

   Souhaitons que le gazon soit plus vert pour l’Impact que pour le Canadien en 2016, d’autant plus que qui dit gazon, dit Drogba…

 

C’était l’bon temps!   Euh… pas vraiment!

Par: Martin Smith

26.03.2016

 

Vendredi Saint. Journée bénie pour regarder du soccer.

 

Ali Gerba - Crédit photo images22.com

 

Qui plus est, il y a plein de rencontres intéressantes à l’affiche puisque, du 21 au 29 mars, c’est une période officielle réservée sur le calendrier de la FIFA pour la tenue de matchs internationaux, officiels ou amicaux.

Par exemple, le Canada accueille le Mexique dans le cadre des qualifications pour le Mondial russe de 2018. Affiche encore plus appétissante, le Brésil accueille l’Uruguay pour les qualifications de la CONMEBOL. Neymar contre Suarez! Les coéquipiers du Barça s’affrontent. Wow!

Mais, ce n’est pas tout. Également à l’affiche: des matchs amicaux internationaux opposant le Portugal et la Bulgarie, la France et les Pays-Bas.

   La liste d’épicerie complétée après avoir surfé quelques minutes sur Internet, il faut maintenant voir ce qui est disponible sur les divers réseaux de télé, y compris les canaux spécialisés comme Sportsnet World et beIN Sports qui rendent la vie tellement agréable aux fervents amateurs de soccer.

 De quoi? De quoi? Incroyable! Tout est là.

   Du milieu de l’avant-midi jusqu’en fin de soirée, on pourra se promener d’Amsterdam à Vancouver, en passant par Leiria, avec des crochets au sud pour passer par Recife, Guatemala City et même… Kingstown.

  Vous ne connaissez pas Kingstown?

C’est la capitale de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, petit pays des Antilles de 110 000 habitants, appelés des Vincentais. Pour vous donner une idée, la population de Kingstown est plus petite que celle de Saint-Bruno-de-Montarville…

  Bien peu de gens peuvent se vanter d’avoir visité Kingstown. Moi, j’y étais le 15 juin 2008 alors que l’équipe nationale du Canada affrontait celle de Saint-Vincent dans le match aller d’une ronde éliminatoire donnant accès à la phase de groupe des qualifications de la CONCACAF en vue du Mondial d’Afrique du Sud de 2010.

L’attaquant montréalais Ali Gerba avait inscrit deux buts, dans une victoire de 3-0 au stade Arnos Vale, avant d’inscrire un autre doublé, cinq jours plus tard, lors du match retour au stade Saputo dans une victoire de 4-1.

   Ça, c’est pour la petite histoire.

   Là où Kingstown marque l’imaginaire en 2016 – enfin, le mien! – c’est qu’on peut être confortablement installé dans son lazyboy - n’importe où à Montréal, au Québec ou au Canada – pour regarder l’équipe nationale de soccer de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, surnommée le Vincy Heat, évoluer sur son téléviseur HD à écran plat de 55 pouces alors que les adversaires sont les Soca Warriors de Trinité-et-Tobago.

Pendant que les images défilaient en direct du stade Arnos Vale, je me suis retrouvé en pensée en 1990 à «couvrir» le Mondial italien pour Le Journal de Montréal en me promenant en ville dans des bars et cafés identifiés à des pays dont la sélection nationale s’était qualifiée pour cette phase finale.

   Il y a tout juste 25 ans, c’était à toutes fins utiles impossible de voir des matchs de soccer à la télévision sauf dans le cas de grands événements comme la Coupe du monde de la FIFA. Autrement, il fallait aller dans des bars spécialisés, comme le Champs à Montréal, pour voir des matchs captés grâce aux immenses antennes satellite placés sur le toit de ce restaurant sportif du boulevard Saint-Laurent.

   Et on ne parle ici que de télé conventionnelle, aussi spécialisée soit-elle devenue. L’attrait du soccer tous azimuts est devenu tel qu’on annonçait tout récemment que le réseau français Canal+ a conclu une entente pour diffuser toutes les propriétés sportives de la chaîne qatari beINsports contre le versement d’une somme de base de 2,2 milliards de dollars sur cinq ans! Il faut dire que beINsports possède les droits de la Ligue 1 de France ainsi que de la Ligue des Champions…

   Tout ça pour dire que l’expression consacrée «C’était l’bon temps!» ne s’applique aucunement à l’accès à la diffusion de matchs de soccer internationaux au Québec. Et on ne parle même pas de tous ces sites Internet qui retransmettent des matchs de soccer, souvent en toute illégalité.

   Pendant que je rédigeais cette chronique, je regardais distraitement un match du championnat brésilien    Paulista, opposant les Corinthians au club Ituano.

   En soccer, l’heure du village global est définitivement arrivée. Et personne ne s’en plaindra… En 1990, c’était «dur, dur» d’être un fan de soccer!

 

 

Soccer et Amérique du Nord… question de culture!

Par: Martin Smith

06.03.2016

 

Ça y est, c’est reparti! La saison 2016 de la MLS est en marche et les deux clubs canadiens de l’Est ont connu un bon départ en allant chercher les trois points d’une victoire acquise, par surcroît, en territoire ennemi.

 

 

L’Impact s’est imposé à Vancouver, pour la première fois de son histoire en MLS, grâce à un doublé de son capitaine argentin Nacho Piatti.  Un peu plus tôt dans la journée, le FC Toronto s’est imposé au stade des Red Bulls, grâce à un but et à une passe décisive de son as attaquant italien Sebastian Giovinco.

 Combien y avait-il de joueurs canadiens au sein des effectifs des trois clubs canadiens en cette journée de lever de rideau de la saison 2016?

Trois titulaires. TROIS. Will Johnson et Jonathan Osorio avec le FC Toronto. Fraser Aird avec les Whitecaps. Aucun du côté de l’Impact.  On retrouvait cependant quatre joueurs canadiens sur le banc des remplaçants montréalais en Kyle Bekker, Anthony Jackson-Hamel, Maxim Tissot et Wandrille Lefèvre (devenu citoyen canadien, le 2 juillet 2015). Ah oui, il y avait aussi Karl W. Ouimette sur le banc des remplaçants du NYRB.

Il faut se rendre à l’évidence qu’après plus d’un siècle de soccer en Amérique du Nord, il reste encore beaucoup de chemin à faire avant que, par exemple, le Canada, pourtant 100 fois plus peuplé, puisse prétendre être l’Islande de l’Amérique.

   Je me répète, je sais. Cependant, je suis toujours aussi ébahi par le fait que l’Islande - dont la population s’élève à un peu moins de 330 000 habitants – se soit qualifiée pour l’EURO 2016 et pointe au 88e rang mondial, un seul derrière le Canada et ses 36 millions d’habitants.

   Une des principales conséquences de tout ce temps qu’on a pris au Québec et au Canada, comme aux États-Unis d’ailleurs, pour adopter le soccer à la mesure de ce qui se passait dans la grande majorité des pays du reste du monde, c’est une culture parfois déficiente. Qui se manifeste aussi bien par rapport à ce qui se passe sur le terrain, qu’à l’extérieur du terrain.

 

Limniatis et la culture sur le terrain

Petite anecdote pour m’expliquer à ce sujet. Flashback au 5 mars 2009 alors que l’Impact vient de se faire éliminer par le club mexicain Santos Laguna en quarts de finale de la première saison de la Ligue des Champions de la CONCACAF.

   L’Impact, alors en première division de la USL, avait gagné le match-aller au stade Olympique par la marque de 2-0. Huit jours plus tard, la qualification pour la demi-finale était toujours possible même si, tard dans les arrêts de jeu du match-retour, le Santos Laguna menait 4-2 et attaquait avec l’énergie du désespoir.

Il restait moins d’une minute de jeu et, enfin, un défenseur montréalais (peut-être Nevio Pizzolitto…) parvient à sortir le ballon de la zone. Le demi Sandro Grande récupère le ballon mais, plutôt que de filer vers un poteau de coin de terrain pour égrener le temps, tire de loin vers le gardien adverse. Celui-ci récupère le ballon et dégage à toute vitesse, ce qui mène éventuellement au cinquième but de son club, le but décisif qui a envoyé le Santos Laguna en demi-finale.

   Dans la conférence d’après-match, l’entraîneur en chef John Liminiatis avait résumé cette défaite amère en avouant qu’elle avait été causée par «notre manque de culture soccer». Ce que Limniatis voulait dire, c’est que lorsque des joueurs n’ont jamais ou ont rarement été placés dans des situations de très grande pression sur un terrain, les probabilités sont élevés qu’ils soient trahis par leurs nerfs et prennent les pires décisions…

 

Drogba et la culture en-dehors du terrain

Autre question de culture, plus d’actualité celle-là… la couverture journalistique des sports en Amérique du Nord.

   Dans ce grand continent où la démocratie étend ses tentacules jusque dans les moindres recoins des vestiaires des clubs de hockey, de baseball et de football, les ligues ont instauré des règlements régissant le temps maximal pouvant s’écouler entre la fin d’un match et l’accès aux vestiaires des équipes. La philosophie de base est que les joueurs «appartiennent» au public parce que c’est le public qui achète des billets, qui lit les sections sportives des médias, qui regarde les matchs à la télé… qui fait rouler la machine et permet donc à toutes ces vedettes – et même à d’honnêtes plombiers - d’être multimillionnaires.

En Europe, la réalité est complètement différente. L’accès aux vestiaires des équipes sportives n’existe pas. Les journalistes doivent rester dans des «media zones» où les joueurs leur accorderont un peu de temps si le cœur leur en dit. Même avant le match générant les plus grosses cotes d’écoute de chaque année en Europe, à savoir la finale de la Ligue des champions de l’UEFA, la seule conférence de presse officielle réunit l’entraîneur en chef et deux joueurs de chaque équipe. Par comparaison, lors de la semaine du Super Bowl, la NFL a instauré un «Media Day» où tous les joueurs doivent être présents, sous peine d’amendes, même s’ils refusent de dire quoi que ce soit…

Alors on peut comprendre qu’un joueur de soccer d’envergure mondiale qui débarque à Montréal ait du mal ou n’ait pas envie de participer au grand cirque médiatique parce qu’il a passé toute sa carrière à vivre dans une autre culture.

 

Des légions de followers sur Facebook, Twitter et Instagram

Il faut aussi voir que ces immenses vedettes du soccer ont des demandes sans commune mesure avec les hockeyeurs de la LNH, par exemple.

La page Facebook de Didier Drogba est «aimée» par près de 9 millions de personnes. Plus de 2,8 millions de personnes le suivent sur Instagram et 1,1 million sur Twitter.

Par comparaison, le joueur de la LNH le plus suivi sur Twitter est Alex Ovechkin. Il est suivi par autant de gens que Drogba sur Twitter, mais par seulement 130 000 personnes sur Facebook et un peu plus de 500 000 sur Instagram.

Le joueur de hockey le plus suivi de la planète est donc suivi par un total combiné (incluant les recoupements) d’un peu moins de 2 millions de personnes.

Didier Drogba, dont l’étoile n’est plus ce qu’elle était du temps où il brillait dans le maillot de Chelsea, est tout de même suivi par près de 13 millions de personnes.

   À ce chapitre, qui dépasse tous les autres athlètes de la tête, des épaules et du torse? Hé oui, Cristiano Ronaldo! Ses légions de «followers» sur Facebook, Twitter et Instagram comptent près de 160 millions de personnes!

 On comprendra que les Cristiano Ronaldo, Lionel Messi (93 millions), Neymar jr (93 millions), Gareth Bale (36 millions), Zlatan Ibrahimovic (30 millions),  Luis Suarez (21 millions), Sergio Aguero (20 millions) aient des responsables de leurs communications pour alimenter tous ces «réseaux sociaux» et aient ainsi l’impression d’avoir rempli leurs devoirs de communication, qu’ils soient à la sauce nord-américaine ou mondiale.

Pour ma part, même en tant qu’ancien journaliste sportif, je me contrefous pas mal de savoir ce que Didier Drogba pense la veille d’un match… surtout s’il n’a pas envie de parler!

Allez… On passe à un autre appel!

 

 

Le repêchage de la MLS n’a de super que le nom…

Par: Martin Smith

25.01.2016

 

Au moment où s’ouvre le cinquième camp d’entraînement de l’Impact, on réalise à quel point la façon de bâtir un club de soccer professionnel en Amérique du Nord est complètement différente de ce qui se passe au hockey.

 

Dominic Oduro       Didier Drogba       Jordan Ongaro

 

Alors que le repêchage universel est hyper-important pour les clubs de la LNH et que la valeur de chaque choix fait l’objet d’interminables évaluations dans les médias et chez les fans, personne ne réussira à nous faire accroire que le SuperDraft de la MLS a la même importance pour les clubs de ce championnat de première division nord-américaine!  Heureusement, personne n’essaie…

   Il faut dire que presque tous les jeunes joueurs, admissibles au SuperDraft, évoluent dans le championnat universitaire amateur américain de la NCAA qui est loin - très loin, même! - d’être une source d’approvisionnement aussi cruciale ou incontournable que les ligues de hockey junior majeur et les ligues européennes le sont pour le Canadien de Montréal et les 29 autres équipes de la LNH.

 

Larin versus Wenger

 Il arrive parfois qu’un club de la MLS tombe sur le «jackpot». Lors du SuperDraft 2015, le FC Orlando City a choisi l’attaquant canadien Cyle Larin au tout premier rang. À sa première saison, la recrue Larin a inscrit 17 buts en 27 matchs!

   Par comparaison, Andrew Wenger, tout premier choix de l’Impact et du SuperDraft 2012, a marqué 6 buts en 51 matchs avec le Bleu Blanc Noir avant d’être échangé au Philadelphia Union contre Jack MacInerney. Puis, après avoir marqué 6 buts en 28 matchs avec l’Union, Wenger est allé retrouver Matt Jordan avec le Dynamo de Houston.

   Le FC Toronto a repêché trois rangs plus loin que l’Impact en 2012 et a choisi le milieu de terrain Luis Silva qui a inscrit 20 buts en 108 matchs de MLS avant de signer un contrat pour porter les couleurs des Tigres UANL du championnat de première division du Mexique, à partir de cette année.

   Néanmoins, il serait injuste de faire porter le fardeau de la valeur d’un choix au SuperDraft sur les épaules d’un seul joueur ou sur la cuvée d’une seule année. D’ailleurs, l’Impact a choisi Calum Mallace en seconde ronde du SuperDraft 2012 et ce milieu de terrain porte toujours les couleurs montréalaises après avoir disputé un total de 55 matchs à ses quatre premières saisons (1 808 minutes de jeu en 2015). On lui doit la passe lumineuse qui a permis à Cameron Porter (choix de 3e ronde en 2015) de marquer un but décisif face à Pachuca en quart de finale de la Ligue des Champions de la CONCACAF. But qui a permis la poursuite de cette belle aventure continentale jusqu’en finale…

 

Comparaison Canadien-Impact

    Pour tracer un portrait plus juste de l’importance du SuperDraft de la MLS par rapport au développement de joueurs au sein des académies des clubs ou par rapport à l’embauche de joueurs venant de l’extérieur de l’Amérique du Nord, il suffit d’examiner de plus près l’effectif actuel de l’Impact.

    Parmi les 36 joueurs qui ont été convoqués pour le camp d’entraînement débutant le lundi 25 janvier à Montréal (11 seront absents), on en retrouve 12 (exactement le tiers) qui ont été repêchés à un moment ou à un autre par l’Impact ou un autre club de la MLS. Il faut remonter jusqu’en 2006 pour voir Dominic Oduro et Eric Kronberg être repêchés respectivement par le FC Dallas et le Sporting Kansas City.

   On constate cependant qu’au soccer, la très grande majorité des joueurs repêchés deviennent des joueurs de soutien plutôt que des titulaires.

   Pour un Dom Dwyer - repêché 15 rangs derrière Andrew Wenger en 2012 et auteur de 36 buts en 80 matchs depuis avec Kansas City – ou pour un Michael Bradley – 4e ronde du repêchage de 2004 et vedette du FC Toronto -, on retrouvera bien davantage un Eric Alexander (SuperDraft 2010, 878 minutes de jeu avec l’Impact en 2015), un Kyle Bekker (SuperDraft 2013, 478 minutes de jeu en 2015) et un Eric Miller (SuperDraft 2014, 517 minutes de jeu en 2015).

   Au fil des repêchages, l’Impact a sélectionné des joueurs comme Blake Smith (1re ronde en 2013), Paolo Del Piccolo et Brad Stuver (2e ronde en 2013), Jordan Leblanc (4e ronde en 2013), George Malki (2e ronde en 2014) ainsi que Pete Caringi et Jordan Ongaro (3e ronde en 2014) dont on a perdu la trace ou qui évoluent dans des divisions inférieures.

    Par comparaison, même si cet exercice demeure discutable, le Canadien compte 10 joueurs repêchés par l’organisation parmi les 25 joueurs de son effectif actuel et autant de joueurs repêchés par un autre club avant d’aboutir à Montréal d’une façon ou d’une autre (autonomie, échange). Il reste donc seulement 5 joueurs portant les couleurs du Canadien qui n’ont jamais été repêchés, incluant David Desharnais.

On le voit, les deux systèmes sont complètement différents. C’est un énorme avantage pour un club comme l’Impact qui peut mettre la main, à peu de frais, sur un joueur venant d’un peu n’importe où sur la planète et qui, s’il est bien choisi, peut complètement transformer l’équipe du jour au lendemain. On l’a bien vu avec l’arrivée de Didier Drogba dont le retour, récemment confirmé, fait le bonheur des fans et de ses coéquipiers mais, aussi et beaucoup, des propriétaires de l’Impact!

    Joey Saputo l’a reconnu très volontiers en déclarant: «Quand nous avons vu qu'il hésitait à revenir, nous avons discuté - comme nous l'avons toujours fait - avec des clubs européens et d'Amérique du Sud pour trouver d'autres joueurs. Mais ça ne fait aucun doute, il n'y a pas d'autre Didier Drogba, que ce soit au niveau du talent ou de ce qu'il apporte à cette équipe

Une année 2016 alléchante dans le monde du soccer

Par: Martin Smith

07.01.2016

 

 Le ciel du monde montréalais du soccer s’est assombri avec l’annonce presque définitive du non-retour du spectaculaire attaquant Didier Drogba dans l’uniforme de l’Impact, mais il reste que l’année 2016 sera une année de grand cru pour la planète soccer.

 

      Crédit photo: Marc-André Donato

 Le mercredi 6 janvier, le quotidien sportif français lâchait la bombe qui gâchait le début d’année des amateurs de soccer de Montréal avec la nouvelle suivante: «Didier Drogba a pris sa décision. D’après des sources canadiennes, l’Ivoirien a appelé le président du club de l’Impact Montréal pour lui faire part de l’arrêt de sa carrière. Même s'il ne peut pas encore l'annoncer, Drogba va intégrer le staff de Guus Hiddink à Chelsea. Il sera donc sur le banc des Blues face au Paris Saint-Germain en huitièmes de finale de la Ligue des champions (16 février - 9 mars). Reste désormais à régler l’indemnité de départ entre la MLS et le club londonien mais cela ne devrait pas entraver la volonté de l’ex-attaquant de rejoindre son ancien club.»

    Difficile de ne pas prêter une bonne dose de crédibilité à cette nouvelle quand son auteur a été le co-auteur de la première biographie de Drogba, publiée en 2008.

    Si cette nouvelle s’avère, les attentes seraient alors moins grandes face à l’Impact, mais la situation permettrait peut-être de miser enfin sur le développement d’un jeune attaquant plutôt que de toujours chercher à combler ce poste névralgique en allant chercher une vedette en fin de carrière comme ce fut le cas avec Marco Di Vaio et Drogba. Bien sûr, ces embauches ont rapporté d’énormes dividendes mais la recette est toujours à recommencer… à chaque deux saisons.

    Si l’Impact parvenait à développer son propre attaquant de haut niveau, qu’il s’agisse de Cameron Porter ou d’Anthony Jackson-Hamel par exemple, une certaine stabilité s’installerait et permettrait aux entraîneurs montréalais de raffiner un modèle de jeu en fonction des qualités connues de leur numéro 11. Et un éventuel transfert à un grand club pourrait être très profitable!

  Quel que soit le dénouement de la saga Drogba, quelques certitudes existent déjà. Primo, le camp d’entraînement de l’Impact s’ouvrira le 26 janvier au stade Olympique et comprendra deux séjours en Floride, totalisant une vingtaine de jours. Secundo, le visage du club montréalais ne changera pas beaucoup puisque 25 joueurs actuellement sous contrat – incluant Drogba - faisaient déjà partie de l’effectif 2015. Tertio, la saison régulière de l’Impact débutera le dimanche 6 mars à Vancouver contre les Whitecaps et se poursuivra six jours plus tard par le premier match local au stade Olympique où les Red Bulls de New York seront les visiteurs.

   En attendant le début de la saison locale, les amateurs pourront se sustenter en continuant de suivre une des plus imprévisibles campagnes dans la Premier League anglaise et en regardant avec grand intérêt les phases éliminatoires de la Ligue des Champions de l’UEFA dont les huitièmes de finale incluent des affiches aussi alléchantes que Roma vs Real Madrid, PSG vs Chelsea, Juventus vs Bayern Munich et, surtout, Arsenal vs Barça!

 

   Par ailleurs, l’été 2016 sera marqué par trois grands événements.

Tout d’abord, la 45e édition de la Copa America, principal tournoi international de la CONMEBOL (Confédération Sud-américaine de soccer), se déroulera exceptionnellement aux États-Unis pour célébrer son centenaire. La compétition se tiendra du 3 au 26 juin. En plus de dix pays d’Amérique du Sud, la compétition impliquera six pays de la CONCACAF dont le Mexique, les États-Unis, le Costa Rica et la Jamaïque. Le tenant du titre est le Chili. On prie pour que le Brésil ou l’Argentine dispute des matchs au stade Gillette de Foxborough, plus proche lieu de compétition de Montréal.

   Une semaine après le début du «Centenario» et de l’autre côté de l’Atlantique, l’EURO se mettra en branle. Cette compétition devrait être disputée sous très haute surveillance puisque l’hôte en sera la France. On y retrouvera 24 pays répartis en six groupes. La compétition sera disputée dans dix villes, du 10 juin au 10 juillet.    La finale sera disputée au stade de France, à Saint-Denis en banlieue de Paris.

    Finalement, à peine trois semaines après le couronnement de la sélection nationale championne d’Europe, le tournoi olympique de soccer débutera au Brésil. Les premiers matchs auront lieu le 3 août, même si la cérémonie d’ouverture des J.O. de Rio aura lieu deux jours plus tard. Treize sélections olympiques nationales sont déjà qualifiées. Le Canada n’y sera pas. La CONCACAF sera représentée par le Mexique et le Honduras. Les trois derniers pays qualifiés, représentant l’Asie, seront connus à la fin de janvier.

 

BONNE ANNÉE 2016 !

 

2015

Un Bon Dieu pour les innocents…

Par: Martin Smith

15.12.2015

                                                                           Crédit photo: Marc-André Donato

 J’ai déjà mentionné dans une chronique précédente que j’ai un faible pour les underdogs, comme les appellent les Américains. Pour les négligés ou les «Petits Poucets», selon l’expression généralement utilisée en France.

 Si vous avez l’impression que je radote (… c’est votre droit!), c’est que l’actualité ne me laisse pas d’autre choix, voire même me laisse pantois. Faut le faire…

    À tout seigneur, tout honneur, parlons donc de Leicester City, ce petit club promu l’an dernier après dix ans d’exil en seconde division, qui est en train de virer le monde à l’envers dans la Premier League d’Angleterre.

      Alors qu’on approche de la mi-saison dans cette campagne très spéciale où les grands clubs ne cessent de trébucher et où le titre demeure donc à la portée de nombreux prétendants (… sauf Chelsea), les Foxes ne cessent de surprendre par la puissance de leur jeu collectif ainsi que par la créativité de leur improbable super-duo offensif formé par l’Anglais Jamie Vardy (15 buts) et l’Algérien Riyad Mahrez (11 buts).

      La récente victoire de Leicester City contre Chelsea - … et l’insupportable Jose Mourinho - a prouvé hors de tout doute que la chance n’a rien à voir avec les succès de ce club qui pointe au sommet du classement de la Premier League après 16 matchs. Toute aussi plaisante comme surprise, la 7e place de Watford à leur première saison de retour en première division après huit années d’exil en Championship.

      On imagine facilement à quel point les succès des Foxes font vibrer les habitants de Leicester, une ville d’un peu plus de 335 000 habitants située à environ 200km au nord de Londres. Le même phénomène frappe aussi l’Islande, un pays dont la population est un peu moins élevée que celle de Leicester, mais dont la sélection nationale (classée au 131e rang mondial en mai 2012 et au 36e rang, actuellement) a déjoué tous les pronostics en se qualifiant pour la phase finale de l’EURO 2016.

      Les «Morues» devront continuer à se débattre en France, l’été prochain, car le tirage au sort les a placés dans le seul groupe où on retrouve trois pays faisant partie du Top 20 mondial, à savoir le Portugal (7e), l’Autriche (10e) et la Hongrie (20e). Mais l’adversité fait partie de l’ADN des Islandais et il ne faudrait pas se surprendre de les voir passer en ronde éliminatoire. À suivre…

      On retrouve aussi une belle histoire de Petits Poucets en Ligue des Champions de l’UEFA. Les grands titres de l’actualité, suivant le récent tirage au sort des duels pour les huitièmes de finale, ont été réservés aux grands chocs tels que ceux de Paris Saint-Germain vs Chelsea, Arsenal vs Barça ou Juventus vs Bayern Munich, mais le hasard nous montre que parfois, oui parfois, «y’a un Bon Dieu pour les innocents», comme on disait dans l’temps…

      Mettez-vous à la place des dirigeants du club belge KAA Gent, aussi connu comme «La Gantoise»,  qui, à sa première présence à un tel niveau, évite les poids lourds européens (Real Madrid, Barça, Manchester City, etc) et se retrouve plutôt à devoir affronter le FC Wolfsburg, vice-champion en titre de la Bundesliga et champion en titre de la Coupe d’Allemagne, mais quand même pas un club très connu.

      Hein Vanhaezebrouck, entraîneur en chef du club belge, l’a d’ailleurs reconnu spontanément en parlant ainsi de Wolfsburg : «C'est une équipe jeune qui progresse, sans grand succès européen, un peu comme La Gantoise. Nous sommes la révélation en Belgique, comme eux en Allemagne.»

      Bizarrement, le logo de La Gantoise est une tête de chef Indien d’Amérique avec une coiffe emplumée et les supporteurs du club sont connus comme les «Buffalos». Tout cela date, semble-t-il et selon une version légèrement contestée, d’une tournée européenne du célèbre Buffalo Bill avec le non moins célèbre cirque Barnum & Bailey qui se serait arrêtée à Gand en 1905 ou 1906.

      Dans un tout autre ordre d’idées, le séjour de Justin Mapp dans l’uniforme de l’Impact est terminé. Le premier joueur autonome de la MLS ira rejoindre Marc Dos Santos avec le Sporting de Kansas City. C’est dans cette ville que sont disputées les Séries mondiales de BBQ. Faut-il y voir un lien? Je laisse macérer cette question dans vos méninges et vous reviens sous peu…

 

 

Le vécu et l’enthousiasme de Mauro Biello

Par: Martin Smith

04.12.2015

                                                  Crédit photo: Marc-André Donato

 

Je suis assez vieux et j’ai couvert la scène montréalaise du soccer pendant assez longtemps pour me souvenir des débuts de Mauro Biello avec l’Impact.

   L’un après l’autre, Eddie Firmani en 1993, puis Valerio Gazzola en 1994 et 1995 ont tranquillement inséré le jeune attaquant montréalais dans leur formation.  Au terme de ces trois premières saisons de l’histoire du club montréalais, Mauro Biello avait pris part à 35 matchs de saison régulière dont dix à titre de titulaire. Son premier but est survenu le 7 août 1994 à Los Angeles dans une victoire de 4-3 contre la Salsa. Le lendemain, Mauro Biello a eu 22 ans.

   C’est véritablement en 1996 que Mauro Biello s’établit comme joueur incontournable alors qu’il prend part à 22 matchs, dont 19 comme titulaire, en partageant la tâche d’attaquant avec Lloyd Barker et Eddy Berdusco.

 Vingt ans plus tard, Mauro Biello deviendra l’entraîneur en chef de l’Impact après avoir fait ses classes d’entraîneur adjoint pendant près de six ans auprès de cinq mentors successifs, à savoir Marc Dos Santos (2010-2011), Nick De Santis (2011), Jesse Marsch (2012), Marco Schallibaum (2013), puis Frank Klopas (2014-2015).

   Alors même si certains laissent croire que sa promotion est due à ses liens avec Nick De Santis et avec le propriétaire Joey Saputo, il faut remettre les choses dans une perspective plus juste et reconnaître que Mauro Biello ne s’est pas assis sur ses lauriers.

   Lors d’une récente et chaleureuse entrevue téléphonique, Mauro m’a raconté qu’il allait consacrer dix jours, à partir du 7 décembre,  à suivre la première partie de la formation pour l’obtention de la licence A d’entraîneur, dispensée par l’Association canadienne de soccer.

 Personne ne peut accuser Mauro Biello de faire les choses à moitié ou de brûler les étapes. Sa feuille de route inclut 17 années comme joueur professionnel et 6 ans comme entraîneur. Il aura tout vécu cela à Montréal, à l’exception de la saison extérieure 1999 où il s’est expatrié chez les ennemis jurés, les Raging Rhinos de Rochester, car il n’y a pas eu de club pro chez nous, cette année-là.

 Bien peu de gens peuvent se vanter d’avoir participé à la conquête de cinq titres de champions de la saison régulière, de trois titres de champions des séries éliminatoires (1994, 2004 et 2009), en plus d’avoir vécu la naissance d’un club de première division ainsi que ses quatre premières années d’existence.

 Quel bagage impressionnant dans lequel puiser pour motiver un groupe, pour le mener vers les plus hauts sommets!

 «Au-delà des approches tactique et technique, il est capital de réussir à souder le groupe autour d’un projet parce que tu ne pars pas à la guerre tout seul, explique Biello. La solidarité est primordiale. Je suis une personne positive et enthousiaste, alors je tiens à ce que l’équipe ressente les mêmes sentiments que moi.»

    J’ai déjà fait part dans cette chronique de ma passion pour le club anglais de Liverpool et je n’ai pu m’empêcher de mentionner à Mauro Biello qu’à mon avis, l’effet de sa nomination sur les performances et les résultats de l’Impact ressemble aux conséquences de l’arrivée récente du très dynamique entraîneur allemand Jurgen Klopp chez les Reds.

 «J’aime beaucoup le style de Klopp, reconnaît Biello. Je partage cet esprit de s’impliquer à fond pour que tout le monde soit dans le même état, sur la même page.»

    Contrairement aux années où l’Impact dominait les saisons régulières en seconde division mais ne parvenait pas à se rendre jusqu’au bout en séries éliminatoires, Mauro Biello ne considère pas que le dénouement de la saison 2015 constitue un rendez-vous raté.

 «Bien au contraire, lance-t-il. Il ne faut pas oublier qu’on a fini au dernier rang de la MLS en 2014! Bien sûr, en fin de saison 2015, on avait le momentum, on était sur une très belle lancée mais l’équipe qui nous a battus a fini devant nous au classement et Kei Kamara était en feu. Dans notre camp, Piatti, Reo-Coker, Venegas ont eu des chances de faire pencher le match décisif de notre bord mais parfois ça ne rentre pas. On a été dans le match jusqu’à la fin. »

 

Mauro Biello entrevoit de bien belles choses pour 2016.

 «L’Impact a un très solide noyau de joueurs à toutes les positions, reconnait-il. Nous avons un gardien qui peut être le meilleur de la ligue et une défense avec Ciman comme général, en plus de jeunes (Oyongo, Cabrera, Toia, Lefèvre) ayant un grand avenir devant eux. En milieu de terrain, on combine à la fois l’expérience, la qualité et la jeunesse. Quant à l’attaque, Drogba nous a comblés et attendez de voir Cameron Porter. C’est un guerrier. Il me fait penser à Eduardo Sebrango. Il ne lâche jamais.»

   Pour monter plus haut que le troisième rang, l’Impact devra s’améliorer en vue de la prochaine saison.

 «Les discussions avec les joueurs en fin de contrat (Duka, Mapp) sont en cours et on espère qu’ils accepteront notre offre, dit Biello. On a des plans A, B et C. On regarde toujours pour trouver des pièces qui nous rendraient meilleurs. Mais je suis extrêmement confiant. L’Impact bâtit sur du solide.»

 

 

Temps de réjouissances pour fans de tout acabit

Par: Martin Smith

25.11.2015

 

De nombreux et récents résultats de matchs et de phases de qualification m’ont fait comprendre encore mieux pourquoi ma passion pour le soccer n’a jamais cessé de grandir au cours des quarante dernières années.

 

                                 

       Faut que je vous dise d’entrée de jeu que je suis tombé dans la marmite du soccer quand ma mère nous a amenés vivre notre année scolaire en France, en 1970-1971. Nous avons vécu à Toulon où le rugby était bien plus populaire que le soccer mais où nous pouvions suivre à la télévision les matchs de Coupe des Champions et de la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupes de football, une appellation presque poétique pour un tournoi sportif, non?

       L’attrait véritablement universel du soccer (par rapport au hockey, par exemple), les compétitions entre clubs de villes, de régions, de pays et de continents, la réputation planétaire de ses plus grandes vedettes ainsi que l’accès de plus en plus facile au visionnement de matchs (télé, web) se déroulant un peu n’importe où sur Terre, sont autant d’éléments qui se sont combinés pour asseoir la domination incontestée du soccer à travers le monde.

       Cette immense toile qui recouvre le globe permet d’assouvir toutes les soifs des partisans. Qu’on soit fan fini d’un seul club, qu’on soit résolument chauvin, qu’on veuille absolument être dans le camp des plus forts ou qu’on ait un faible pour les underdogs – les négligés ou «Petits Poucets», comme on les appelle en France -, il y en a pour tous les goûts dans la cafétéria mondiale du soccer.

       Voici quelques exemples qui vous permettront de mieux suivre ma logique, de comprendre ce qui fait battre mon cœur de passionné de soccer.

       Commençons par les séries éliminatoires de la MLS, la ligue de l’Impact. Les matchs aller des finales des associations de l’Est et de l’Ouest ont toutes deux permis au club ayant fini au second rang du classement de s’imposer face au premier. Bien sûr, le Crew de Columbus et les Timbers de Portland disposaient d’un avantage en entamant leur série à domicile mais ils sont quand même parvenus à signer des victoires par une marge de deux buts face au champion de leur association respective, à savoir les Red Bulls de New York et le FC Dallas.

       Le statut d’underdog convient aussi bien, depuis quelques années, à mon club préféré en Angleterre, le FC Liverpool. Or, depuis que Jurgen Klopp a remplacé Brendan Rodgers à la barre des Reds, ils vivent une véritable renaissance sous la gouverne du très extraverti entraîneur allemand. N’empêche que, dimanche dernier, ils allaient jouer chez leurs puissants voisins de Manchester City. Résultat glorieux : victoire sans équivoque de 4-1 grâce au duo brésilien Coutinho-Firmino. Yessssss…

       Mon cœur de supporter aurait été comblé si le Fury d’Ottawa, dirigé par mon bon ami Marc Dos Santos, avait réussi à vaincre le New York City Cosmos en grande finale de la NASL, le dimanche 15 novembre. Il s’en est fallu de peu. Un tour du chapeau de Gaston Cellerino a valu une victoire de 3-2 et le titre de champion au Cosmos dans un match qui marquait le départ définitif à la retraite du grand attaquant espagnol Raul.

       Dans la veine des «Petits Poucets», il convient de donner la palme à l’Islande. La population de ce pays s’élève à seulement 320 000 habitants, soit 100 000 de moins que les agglomérations de Laval ou de Longueuil, mais la sélection nationale masculine a réussi l’exploit extraordinaire de se qualifier pour l’EURO 2016. Et les Islandais, bizarrement surnommés les «Morues», n’ont pas eu la vie facile. Ils ont fini au second rang du groupe A, tout juste derrière la République tchèque (10,5 millions d’habitants), mais devant la Turquie (75 millions) et les Pays-Bas, traditionnelle puissance mondiale du soccer blanchie à deux reprises en phase de qualification par l’Islande.

       Lors de cet EURO 2016, on remarquera aussi la présence de deux autres petits pays qualifiés pour une première fois, à savoir l’Irlande du Nord (1,8 millions d’habitants) et l’Albanie (2,8 millions).

       En Amérique du Sud, même si on commence à s’y habituer, il est tout de même surprenant de constater que l’Équateur domine les qualifications continentales en vue du Mondial de Russie 2018 avec quatre victoires en autant de matchs. Ses 12 points confèrent une bonne marge de manœuvre à l’Équateur face à des géants comme le Brésil (3e avec 7 points) et l’Argentine (6e avec 5 points).

       Finalement, dans le cercle restreint des clubs les plus suivis au monde, il faudrait faire preuve d’une extraordinaire mauvaise foi pour ne pas accorder la palme d’or du moment au FC Barcelone.

       Samedi, le Barça a laminé le Real Madrid, jouant pourtant dans son château-fort du stade Bernabeu. Une victoire sans équivoque de 4-0 marquée par le jeu lumineux de Neymar, de Messi et de Suarez. La frustration des Galacticos s’est manifestée par le carton rouge direct écopé par Isco ainsi que par les coups aussi sournois que salauds de Sergio Ramos.

       Puis, 72 heures plus tard, le Barça a poursuivi son étincelante démonstration de «jogo bonito», comme disent les Brésiliens, en assommant littéralement la Roma, pourtant quatrième de la Serie A, par la marque de 6-1 dans un match de Ligue des Champions, disputé au Camp Nou. Cette formidable leçon de soccer a été marquée par des doublés de Luis Suarez et de… Lionel Messi.

 

Quand Karl fait un pied de nez à Frank…

Par: Martin Smith

18.11.2015

Crédit photo: Canada Soccer 

 

En l’espace de quatre jours, Karl W. Ouimette a fait ses 13e et 14e présences sur la scène internationale dans le maillot de l’équipe nationale senior du Canada. Toutes deux comme titulaire au poste de latéral droit. Toutes deux dans des matchs officiels de qualification en vue de la Coupe du monde FIFA 2018 en Russie.

   C’est un bel exploit pour un jeune homme de 23 ans, natif de Terrebonne, mais ça devient encore plus spécial lorsqu’on replace cette nouvelle dans le contexte de l’hiver dernier où Ouimette a été libéré sans condition par l’Impact.

   Même si son salaire s’élevait à peine à 50 000$ et même si le fait d’être un jeune Québécois, développé dans l’académie d’un club qui tient à son identité montréalaise et québécoise, Ouimette n’était, semble-t-il, pas assez bon pour rester dans l’effectif du club.

 Étonnamment, à peine quelques jours après avoir été libéré par l’Impact, Ouimette a été «repêché» par le Red Bull New York grâce à l’intervention de Jesse Marsch qui lui a donné sa première chance avec l’Impact en 2012 et qui est devenu entraîneur en chef du RBNY, au début de cette saison.

    «Jesse me fait super-confiance et je l’apprécie beaucoup», dit celui qui a pris part à 11 matchs avec les Red Bulls, cette saison.

    Ouimette ne tient pas à revenir sur sa fin de parcours avec l’Impact, mais ne peut s’empêcher une petite pointe à l’endroit de celui qui a été responsable de son congédiement.

 «Frank Klopas ne m’appréciait pas le plus au monde», lâche-t-il en tentant de rester politiquement correct.

 En fait, pour bien des observateurs, ce geste, à la fois petit et mesquin, a démontré à quel point Klopas était déconnecté de la réalité québécoise et, en fait, semblait s’en foutre royalement. Le traitement réservé à Patrice Bernier relevait de cette même approche arrogante qui a fait qu’une très vaste majorité de fans et de joueurs (… on ne peut que l’imaginer dans ce dernier cas) ont applaudi le congédiement de Klopas.

 Ouimette croit-il qu’il serait encore avec l’Impact si Mauro Biello avait été en poste à la place de Klopas, en février dernier?

    «J’aime mieux ne pas me poser la question, dit-il franchement. Je préfère regarder le côté positif des choses. Or les suites de ma libération m’ont permis d’avoir une perspective sur comment ça se passe dans un autre club. Ça m’a aussi permis d’apprendre à vivre avec une grosse pression et ça s’est répercuté sur mes performances avec l’équipe nationale.»

   Ouimette a joué toutes les minutes de la victoire de 1-0 du Canada contre le Honduras à Vancouver, samedi dernier, et a récidivé dans le match nul de 0-0 devant une foule hostile au Salvador, mardi soir.

   «On vit de beaux moments sous la direction de Benito Floro, dit-il. Il nous insuffle une bonne dose de confiance. Il insiste pour que chaque chose soit bien faite. Il donne beaucoup de place aux jeunes, ce qui donne un second souffle à des vétérans comme (Julian) De Guzman. On travaille fort. La cohésion est bien présente. On la sent.»

 Comme tous ses coéquipiers, Karl Ouimette rêve d’aider le Canada à participer à une première Coupe du monde depuis 1986. Placée dans un groupe difficile où son 102e rang mondial la plaçait en queue de peloton derrière le Mexique (24e rang mondial), le Salvador (94e rang) et le Honduras (95e rang), l’équipe nationale du Canada est bien sortie des blocs en récoltant 4 points sur une possibilité de 6 à ses deux premiers matchs.

 Les gros rendez-vous avec le Mexique viendront plus tard, soit en mars 2016. Pour le moment, tous les espoirs sont encore permis.

      En attendant son prochain grand rendez-vous compétitif de dimanche prochain alors que les Red Bulls affronteront le Crew de Columbus dans le match aller de la finale de l’Est de la MLS, Karl Ouimette doit parfois se faire plaisir en imaginant que les neuf derniers mois de son parcours comme joueur de soccer constituent un beau pied de nez à l’insupportable Frank Klopas. Ou… un bras d’honneur!

 

Les destins croisés de Mauro Biello et Marc Dos Santos

Par: Martin Smith

11.11.2015

 

 

 Sur la photo officielle de la saison 2009 de l’Impact, Mauro Biello et Marc Dos Santos sont assis côte à côte, genou contre genou, à la droite du président Joey Saputo.

 

    Le 17 octobre de cette année-là, le capitaine et l’entraîneur en chef ont savouré ensemble la troisième conquête d’un titre de champions des séries éliminatoires dans l’histoire du club.

 Six ans plus tard, Biello et Dos Santos ont de nouveau été réunis. Par le destin, cette fois-ci. Tous les deux sont entraîneurs en chef d’une équipe qui a disputé, le dimanche 8 novembre en après-midi, un match crucial, possiblement sans lendemain, sur la route des séries éliminatoires de leur ligue respective.

    Les amateurs de soccer du Québec connaissent la suite dans le cas de Biello. Une défaite de 3-1, marquée par une performance remarquable du redoutable attaquant Kei Kamara lors du match retour de la série demi-finale de l’association de l’Est, a mis fin aux espoirs de l’Impact.

    La saison 2015 restera porteuse de beaux espoirs pour les saisons à venir puisque le club montréalais s’est rendu aussi loin en dépit de blessures à des joueurs qui auraient pu faire une différence, tels que Justin Mapp, Andres Romero et Cameron Porter. Mais aussi parce l’Impact semble s’être trouvé en Mauro Biello, un entraîneur en chef possédant les qualités pour enfin donner de la stabilité à ce poste névralgique.

 Pendant ce temps, Marc Dos Santos conduisait le FC Fury d’Ottawa à une saison exceptionnelle en NASL, le championnat nord-américain de seconde division.

    Le club de la capitale canadienne a fini en tête du classement de la saison d’automne avec une reluisante fiche de 13 victoires, 6 nulles et une seule défaite. Le Fury s’est démarqué de ses rivaux en présentant une attaque aussi solide que sa défense, terminant cette moitié du championnat avec 37 buts marqués contre seulement 15 accordés.

    Cette performance a valu au Fury de terminer au second rang du classement combiné des saisons printanière et automnale, avec une récolte de points (56) égale à celle du Cosmos de New York qui a hérité du titre de champion de la saison régulière en vertu d’un plus grand nombre de buts marqués (49 contre 42).

 Et voilà que les deux meilleures équipes de la NASL vont se rencontrer dans la grande finale de cette ligue qui sera disputée dimanche prochain au stade Shuart de l’université Hofstra à Long Island, en banlieue de New York.

  Cette qualification pour la grande finale, le Fury l’a acquise grâce à une victoire de 2-1, marquée par un doublé de l’attaquant Tom Heinemann, lors d’un match qui s’est tenu devant une foule record de 9 346 spectateurs au stade TD Place, à Ottawa.

 Cette demi-finale était jouée en même temps que l’Impact affrontait le Crew de Columbus au stade MAPFRE. Mauro Biello et Marc Dos Santos ont beau avoir des destins croisés, cette journée-là s’est terminée de façon diamétralement opposée – mais en prolongation dans chaque cas - pour les entraîneurs en chef de l’Impact et du Fury.

 Un but de Kei Kamara à la 111e minute a coulé l’Impact à Columbus, tandis qu’un but de Tom Heinemann à la 108e minute a valu un billet pour la finale au Fury.

 Le fait que le club d’Ottawa devra disputer cette finale à l’étranger ne dérange pas Dos Santos même si on sait qu’au soccer, peut-être davantage que dans n’importe quel autre sport, les succès «sur la route» sont rares. Dans la MLS, par exemple, les Whitecaps de Vancouver sont le seul club à avoir réussi à jouer pour une moyenne de ,500 sur la route au cours de la saison 2015.

 «Notre saison exceptionnelle est en bonne partie le résultat de nos performances sur la route, a expliqué Marc Dos Santos en entrevue téléphonique. Nous avons établi plusieurs nouvelles marques dans la NASL mais une des plus importantes est le fait d’avoir disputé 12 matchs consécutifs sans revers sur la route.»

    Tous les espoirs sont donc permis pour le Fury et pour Dos Santos qui est en lice pour le titre d’entraîneur en chef de l’année dans la NASL.

    Dès 2016, les destins de Mauro Biello et de Marc Dos Santos se croiseront de nouveau au sein d’une même ligue puisqu’on s’attend à ce que le premier soit confirmé à son poste avec l’Impact, tandis que le second a déjà annoncé avoir conclu une entente pour devenir entraîneur adjoint avec un club de la MLS. Étonnamment, Biello avait entrepris sa carrière d’entraîneur en agissant comme adjoint de Dos Santos en 2010.

      Comme quoi, les voies du sport, comme celles du Seigneur, sont impénétrables…

 

Victoire de bon augure pour l’Impact !

Par: Martin Smith

02.11.2015

 Comme bien des amateurs de soccer, incluant certains dirigeants de… l’Impact, je suis plutôt superstitieux.

      Voilà pourquoi j’ai bien apprécié une rencontre inattendue, survenue alors que nous nous dirigions, en famille, vers nos sièges dans la section 118 du stade Saputo, en cette première soirée de novembre.

 

Crédit photo: Marc-André Donato                              

 

      Par pure coïncidence, nous sommes arrivés face à face avec le meilleur joueur à avoir porté les couleurs de l’Impact pendant leurs années en seconde division. Un défenseur central reconnu comme ayant été le meilleur joueur, toutes positions confondues, de la décennie 2001-2010 dans la USL.

      En grande forme comme lorsqu’il formait un bloc défensif aussi hermétique que redoutable avec Nevio Pizzolitto, Mauricio Vincello et Adam Braz, c’était bel et bien Gabriel Gervais qui se tenait là, droit devant nous, sous les gradins du côté est.

      Pourquoi cette rencontre m’a paru de si bon augure? Parce que, selon moi, trois des meilleurs joueurs à avoir endossé le maillot de l’Impact ont porté le numéro 8, à savoir John Limniatis, Gabriel Gervais et… Patrice Bernier.

      Nous nous sommes quittés après que Gervais ait félicité mon fils Gabriel, auteur d’un tour du chapeau en matinée avec les U-12 de Saint-Lambert dans un match de la Ligue de soccer intérieur de la Rive-Sud.

      Ça partait bien la soirée…

      Et voilà t’y pas que Patrice Bernier répond aux vibrations positives en inscrivant son deuxième but des séries éliminatoires, seulement quatre minutes après que Federico Higuain ait donné l’avance au Crew.

      Les astres étaient si bien alignés en ce lendemain d’Halloween (où les superstitions sont à l’honneur!) que Johan Venegas ne pouvait faire autrement qu’en profiter. À la 77e minute, l’attaquant tico a marqué ce qui s’est avéré être le but victorieux, après que l’entraîneur en chef Mauro Biello l’ait envoyé sur le terrain à la 73e minute, en remplacement du numéro… 8!

      Vous avez remarqué? Bernier marque 4 minutes après Higuain et Venegas marque 4 minutes après avoir fait son entrée sur le terrain. Et qu’est que ça fait 4+4? Hé oui…

      Après le match, des joueurs du Crew ont affirmé qu’ils étaient en bonne position parce qu’ils ont marqué un but à Montréal. On sait qu’en cas d’égalité au total des buts à la fin de la série, les buts marqués à l’étranger comptent pour double.

      Mais ça, c’est de la poudre aux yeux pour amoindrir les conséquences de la défaite.  Une tactique qu’on utilise souvent dans le monde sportif pour cacher «les vraies affaires», selon l’expression consacrée.

      Quelles sont donc ces «vraies affaires» que le Crew préfère ne pas voir?

      Le club de Columbus n’a pas réussi à s’imposer même en étant bien plus reposé que l’Impact, ayant disputé en moyenne un match par semaine lors des 28 jours précédents contre un match à chaque quatre jours pour les joueurs montréalais.

      Par ailleurs, même si le Crew s’est forgé une fiche reluisante de neuf victoires, quatre nulles et autant de revers à son domicile au cours de la saison, il n’en reste pas moins que le club de Columbus a encaissé deux revers à ses trois derniers matchs au stade MAPFRE.

      John Limniatis, dernier membre du trio des fameux numéro 8 montréalais, n’était pas au stade Saputo dimanche soir, mais est confiant pour la suite des choses.

      «Ça va bien pour l’Impact, dit-il. Jusqu’à présent, dans ces séries, ils sont plus opportunistes que leurs adversaires. Et on voit bien que le Crew et le FC Toronto sont des clubs à leur niveau, pas meilleurs qu’eux. Alors, tout est possible.»

      Tout est d’autant plus possible qu’après sept jours de répit bien mérités, l’Impact n’aura besoin que d’un verdict nul lorsqu’il sautera sur le terrain du stade MAPFRE pour le match décisif disputé le… 8 novembre.

      Capitaine Bernier saura-t-il être, encore une fois, l’homme des grandes occasions? Pour ma part, pas de doute. En 2015, les «8» sont frimés pour l’Impact!

 

Quand Drogba fait pâlir l’étoile de Giovinco…

Par: Martin Smith

25.10.2015

 

 L’Impact s’est assuré de l’avantage du terrain en séries éliminatoires de la MLS, dimanche dernier, en élevant son jeu d’un cran pendant la deuxième demie de son 34e et dernier match du calendrier régulier. Ce faisant, le club montréalais a confirmé la grande forme qui lui vaut d’être le club par excellence de la ligue au cours du dernier tiers de la saison.

 

       

 On aurait difficilement pu choisir un meilleur scénario – victoire de 2-1 et doublé de Drogba - et un meilleur adversaire – le FC Toronto - pour illustrer le chemin parcouru par le club montréalais en 2015 et depuis sa saison inaugurale en 2012.

    Pour remettre les choses en perspective, rappelons d’abord que l’Impact a fini au 19e et dernier rang du classement général de la MLS en 2014 avec une maigre récolte de 28 points, la pire de ses quatre ans d’existence.

    L’ascension de douze rangs en douze mois a nécessité une récolte de 23 points supplémentaires, la production exacte du dernier tiers de la saison qui constitue, à la fois, la meilleure performance parmi les 20 clubs de la MLS et un sommet au cours des quatre ans d’histoire de l’Impact.

     Ayant retrouvé l’envie de jouer et la confiance sous la direction de l’entraîneur en chef Mauro Biello et grâce à l’énorme contribution du monstre Drogba (11 buts), les joueurs montréalais ont ramassé 23 points de classement à leurs onze derniers matchs en se forgeant une fiche étincelante de sept victoires, deux nulles et autant de défaites.

       Trois clubs ont chauffé l’Impact à ce chapitre. En effet, le Crew de Columbus, le FC Dallas et le Revolution de la Nouvelle-Angleterre ont tous engrangé 22 points pendant le dernier tiers de la saison 2015.

 Au cours des deux saisons précédentes, les joueurs de l’Impact avaient signé une récolte deux fois plus mince (11 points) dans le dernier tiers après avoir montré du chien à leur saison inaugurale en 2012 en engrangeant 18 points lors des 11 derniers matchs. Petit bémol, cependant, puisque sous la gouverne de Jesse Marsch, l’Impact avait conclu la saison sans signer de victoire à ses six derniers matchs (trois nulles, autant de revers) et en ratant les séries éliminatoires.

 L’Impact participera donc aux séries éliminatoires de la MLS pour une deuxième fois en quatre ans alors que le FC Toronto en sera à une première présence après huit saisons de frustration.

       Parlant de frustration, le match de dimanche au stade Saputo a, sans aucun doute, ajouté une couche à celle des Reds, pour les raisons suivantes:

* parce que l’Impact leur a «volé» le 3e rang et les a relégués au 6e rang de la conférence de l’Est;

* parce que le match de barrage entre les deux rivaux canadiens aura donc lieu au stade Saputo plutôt qu’au BMO Field;

* et, finalement, parce que Drogba aura mis Giovinco «dans sa p’tite poche d’en arrière», selon l’expression consacrée.

 

       Pour ajouter la cerise sur le gâteau de la rivalité sportive entre Montréal et Toronto, le maire Denis Coderre a signalé à juste titre, après avoir fait sonner deux fois la cloche du groupe de supporters 1642 MTL, que la victoire de l’Impact couronnait un week-end parfait puisque les Alouettes ont lessivé les Argonauts, deux jours plus tôt, et que les Canadiens ont battu les Maple Leafs, la veille.

       Y’a des fins de semaine et des saisons comme ça, qu’on n’est pas près d’oublier!

 

Publié par Panoptique Média  2017